Étrange Festival Lyon 2010 - Hommage à Paul Bartel
Par Cyril Despontin le dimanche, février 28 2010, 16:38 - L'Étrange Festival Lyon - Lien permanent
Dernière thématique du festival, un hommage au défunt Paul Bartel sera rendu.
Hommage à Paul Bartel

Mine de rien, Paul Bartel est l’un des plus grands représentants de l’esprit du cinéma indépendant américain, le vrai, le beau, pas celui qu’on a apprivoisé et foutu dans une réserve à Sundance. Ancien espoir de l’écurie Corman des années 70, sa personnalité iconoclaste ne lui permet pas d’intégrer le moule hollywoodien. Car oui, Paul a un problème : la société dans laquelle il vit le fait beaucoup rire et, que ce soit au travers d’œuvres de commande ou de films dits « d’auteur », il n’a de cesse d’égratigner ses contemporains, voire de leur latter méchamment la tronche.
Venez donc nombreux découvrir, au travers de trois films emblématiques et inclassables, la carrière d’un cinéaste étonnant qu’on a trop vite enterré (Même si il est quand même mort).
La course à la mort de l’an 2000 de Paul Bartel
En l’an 2000, les jeux du cirque ont fait leur retour sous la forme d’une course automobile ultra-violente où les candidats d’entretuent, n’hésitant pas à massacrer le public pour marquer plus de points. Une jeune résistante infiltre la voiture du champion national et tente de saboter la course.
D’un petit film de commande, Bartel livre une adaptation trash des « Fous du volants » sur fond de satire sociale, transformant une petite série B en œuvre d’anticipation pessimiste, outrancière et cartoonesque.
Eating Raoul de Paul Bartel
Mary et Paul s’aiment d’un amour tendre et pur. Un jour, Paul tue par accident un riche voisin partouzeur qui tentait de violer Mary. Découvrant que les pervers sexuels sont pleins aux as, le gentil couple passe des petites annonces roses, et assassine sa clientèle.
Confrontation entre le couple rêvé d’une Amérique puritaine et le monde décadent des années 80, Eating Raoul est une comédie noire qui ne confond jamais provocation facile et mauvais goût assumé. Chez Bartel, l’humour est froid, méchant et tombe toujours juste, comme un coup de poêle à frire.
Lust in the Dust de Paul Bartel
Chili Verde est un trou perdu du Nouveau Mexique, décoré de quelques masures, d'une église et d'un saloon. Mais qu'est ce qui y retient sa population, majoritairement constituée de bandidos et filles légères ? Une histoire de trésor caché bien sûr. Mais où ?
Imaginons que le corpus cinématographique de John Waters copule avec celui de Sergio Leone, et qu'il en résulte un rejeton sur pellicule. Un film qui reprendrait les poncifs du western spaghetti dans le cadre d'une parodie outrée. Dans laquelle les scènes de bagarre de saloon tourneraient en catfight et où la gent féminine conduirait les pistoleros à la braguette. Un film à la distribution aussi éclectique que surprenante, avec entre autres Woody Strode, Divine et Henry Silva. Une fascinante aberration. Un film qui s'appellerait Lust in the Dust.



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