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L'empire de la passion - Nagisa Oshima - 1978


Jeremie
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J'en avais le souvenir d'un film chiantissime. C'est bon parfois de revoir un peu son avis à la hausse...

 

J'avoue avoir une certaine fascination pour le diptyque d'Oshima, alors que je trouve les films plus que contestables à l'arrivée, enfin du moins surtout L'empire des Sens, considéré dans le monde entier comme un chef d'œuvre d'érotisme, alors qu'il est une tentative d'intellectualiser la pornographie de manière pas franchement bandante. On peut au moins le féliciter de traduire crûment les obsessions de George Bataille...

 

Si on parle bien à nouveau d'une liaison extrême ici, le film lui, l'ai beaucoup (beaucoup) moins : Oshima adapte un fait divers, relativement banal à l'origine, qui replace dans un contexte nippon le fameux motif des amants criminels. Ainsi, la femme d'un vieux conducteur de pousse-pousse entame une liaison extra conjugale avec un vagabond : soumise aux conditions de son amant, elle accepte de se débarrasser du mari gênant. Mais trois ans plus tard, son fantôme vient hanter le village...

Si le sexe est l'origine de la tragédie, il n'est pas forcément le moteur du film au contraire de son prédécesseur : malgré quelques étreintes, L'empire de la passion est un film chaste et étrange, privilégiant de nombreux extérieurs à contrario de l'atmosphère étouffante de L'empire des sens.

 

 

1H40 c'est un peu long pour une histoire de fantôme, mais la mise en scène est bien plus vivante et inspirée que l'autre classique d'Oshima, sans parler de certains plans tout bonnement magnifiques (hallucinant tableau des amants encerclés de rayons de lumières lorsque la policie débarque sur les lieux). Moins audacieux donc, mais plus travaillé, plus intéressant aussi. Pour l'élever au rang de chef d'oeuvre, il manque peut-être le lyrisme l'attendu...voire le stupre vanté par le titre (et l'affiche démentielle de Topor !).

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