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Fellini Satyricon - Federico Fellini - 1969


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Dans une Rome antique et décadente, deux étudiants, Encolpio et Ascilto, se disputent les faveurs d'un éphèbe androgyne et pervers. Une dispute qui les mènera vers d'étranges aventures...

 

Revu avec beaucoup de plaisir sur le dvd MGM, indigne mais techniquement passable.

Avant Caligula (et après la première - et perdue - première adaptation du Satyricon de Petrone), Fellini y exaltait déjà la décadence romaine comme rarement ont l'avait fait auparavant : on est toujours ébloui par sa fougue visuelle et ses décors incroyables (bordel monstre, orgie fumante, plaine désertique, labyrinthe, palais abandonné, théâtre mal famé), de même que la description de l'antiquité s'y reflète sans fard, même dans ses détails les plus scabreux. Si les deux héros sont des modèles de beauté, la fange dans laquelle baigne le film n'usurpe pas la fascination du grotesque cher à Fellini : ça vole, ça pète, ça baise, ça s'agite. L'absence quasi-totale de musique et de lyrisme donne un grand coup de froid à cette chaleur poisseuse, comme pour souligner l'horreur humaine : les bacchanales, les tromperies, les massacres et les fastes donnent au film des couleurs de fin du monde. Plus on avance, plus le film semble s'aérer sur ces terres de sang, de sexe et même de magie : des débordements visuels annonçant alors clairement ceux de Jodorowsky.

 

Seule le passage dans la maison abandonnée (dont le récit relate les derniers instants, poignants, des propriétaires défunts) avec une scène de triolisme (très légèrement amputée d'un baiser homosexuel) semble refléter la fraîcheur et la liberté de la révolution sexuelle.

Les tableaux dépeints par Fellini restent infiniment inquiétants (on est plus proche de la Venise crasseuse de Casanova que de la carte postale pleine de gouaille de Amarcord), voire même très violents (décapitation, empalement, barbecue humain, poignets tranchés, sacrifice d'animaux...), jouissant d'une liberté totalement inédite alors dans le péplum jusque dans la représentation de la bisexualité, qi s'y imbrique de manière totalement naturelle (on assiste même à...un mariage gay !).

Et surprise pour le bisseux, on y croise George Eastman dans le rôle du minotaure

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Très mauvais souvenir... OK les décors, la reconstitution, tout ça était somptueux, mais je m'étais emmerdé comme pas possible du début à la fin...

 

Clairement, pour moi, chez Fellini, il y a une fracture entre sa période "N&B" et "couleurs"...

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  • 9 years later...

Première vision de ce "Satyricon" et le moins que l'on puisse dire est que c'est calorifique.

C'est visuellement épatant et complètement fascinant, le poste de Jérémie résume très bien l'orgie visuelle qu'offre le film, mais il est difficile d'être touché par son contenu tant le style employé par Fellini s'apparente à un robinet déversant un flux désepérément constant. Le rythme - effréné - ne variant jamais, les émotions s'en voient exclues, les tableaux présentés défilant trop vite pour être pleinement admirés. 

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