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Un homme est passé - John Sturges - 1955


DPG
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aka Bad day at Black Rock en V.O.

 

Pour la première fois depuis quatre ans, un train s'arrête à Black Rock, bourgade perdue en plein désert. Le visiteur, John J. Macreedy (qui est handicapé à un bras), interroge les quelques habitants qu'il rencontre sur le moyen de se rendre en un lieu-dit alentour : Adobe Flat, et ce sans préciser clairement ses motivations. Bizarrement, l'évocation de ce lieu associée à cette visite totalement inattendue génèrent une forte agressivité de la population locale. Plus Macreedy essaye de comprendre et pose de questions, plus la population se montre menaçante...

 

Très bon film que ce drame emballé par John Sturges dans les années 50. Sans trop en dévoiler de l'intrigue, on va petit à petit découvrir un secret qui pèse sur cette petite bourgade, dans laquelle un dénommé Smith et ses hommes de main font régner l'ordre, la terreur et le silence... Le film traite de sujets forts pour son époque, car si le racisme à l'égard des japonais est évoqué frontalement (l'histoire se passe dans l'immédiate après guerre, et Pearl Harbor n'est pas encore oublié...), l'histoire peut être une métaphore de nombreuses autres situations historiques similaires. L'étude psychologique qui nous est livrée est d'une justesse incroyable, nous montrant des hommes lâches, qui préfèrent détourner le regard, oublier, faire comme si, dans un monde encore archaïque où la loi du plus fort règne en principe universel. Au milieu de ce petit monde renfermé sur lui-même surgit le grand Spencer Tracy, dans un rôle atypique et courageux. Si le film a tout d'un western moderne, Tracy ferait assurément un excellent cowboy solitaire. Bien décidé à mettre un coup de pied dans la fourmilière silencieuse que constitue ce bled paumé, il va vite se sentir bien seul et acculé de tous les côtés. Le tout nous propose donc un suspens habilement construit, de façon très méthodique, mais avec un récit tendant sans cesse vers l'efficacité. Le film est court (78mn), carré, va droit au but. Le tout est porté par un casting 3 étoiles (S.Tracy, Lee Marvin, Robert Ryan, Walter Brennan...) et shooté dans un magnifique Scope (très belle utilisation du format qui ravira SWS !). Un bien belle réussite de l'âge d'or hollywoodien, un film qui reste, 50 ans après, d'une cinglante universalité. A découvrir sans hésiter !

 

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Diffusé par Monsieur Eddie lors de la dernière séance. Le scope est en effet magnifique. J'y ai appris lors du monologue de l'émission que le personnage de Spencer Tracy Tracy est une métaphore de la démocratie. Sinon, il faudrait que je voix le film que j'avais suivi d'un ennuie poli mais j'étais un peu jeune pour apprécier les vieux classiques.

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