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The descendants - Alexander Payne - 2012


kevo42
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Comme je l'ai vu en avant-première le mois dernier, je me permets d'ouvrir le topic. Mon texte est un peu long puisque je reprends mon article pour mon blog. J'ai essayé de spoiler le moins possible.

 

L’histoire :

 

Descendant d’un des rois Kamehameha de Hawai (et oui, la technique de SanGoku vient de là), George Clooney est un avocat d’affaire spécialisé dans l’immobilier, plutôt très riche mais surtout sérieux et peu dépensier. Quand sa femme tombe dans un coma très profond suite à un grave accident de bateau, il doit s’occuper de ses deux filles, qu’il connaît très mal, et qui ne l’aiment pas.

 

Bande-annonce (qui spoile un peu)

[dmotion]video/xmzwbd_the-descendants-bande-annonce-vost_shortfilms[/dmotion]

A noter que l’horrible musique qu’on entend dans cette bande-annonce n’est pas dans le film.

 

Mon avis :

 

Il y aurait une critique très facile et très simple à faire, qui serait de dire : si vous aimez les films d’Alexander Payne, allez voir celui-ci, vous ne serez pas déçu. Le problème serait que tout le monde n’a pas vu au moins un de ses films (personnellement, je n’ai vu que Monsieur Schmidt, mais beaucoup de gens ont vu Sideways, je pense), et puis à quoi bon écrire un article pour se contenter de ça.

 

Ceci dit, si je veux faire mon Variety, je pourrai commencer par dire que visuellement, le film n’est pas éblouissant : Alexander Payne est un mec qui aime filmer la pluie, et qui n’attend pas comme Terrence Malick que la lumière soit parfaite pour tourner. Résultat, faut bien avouer que c’est un peu moche, malgré quelques beaux plans. Très honnêtement, ça pourrait presqu’être un film de Philippe Lioret. Au niveau de la musique, qui dit production Fox Searchlight dit musique folk douce-amère. Pas de Kimya Dawson, ni de Nick Drake, mais pas mal de Ukulele puisque nous sommes à Hawaï. Et comme il s’agit d’un film indépendant, on aura pas non plus droit à du IZ, mais à des chansons dans le genre avec une voix plus sobre, plus cassée.

 

 

Voilà pour les considérations techniques, et à dire la vérité, si j’ai tendance à accorder beaucoup d’attention à cet aspect des choses (ce qui se ressent pas mal sur les films que je chronique ici), il faut bien voir que ce n’est pas du tout l’aspect primordial des films d’Alexander Payne. Le public attend surtout de lui d’avoir un scénario extrêmement bien écrit, et des acteurs au top niveau, et c’est exactement ce qu’il obtient avec ce film.

 

Commençons par les acteurs. C’est facile, ils sont tous excellents. George Clooney est parfait : suffisamment séduisant pour qu’on comprenne pourquoi il est le chef du clan, suffisamment sobre, voire austère pour qu’on comprenne pourquoi son couple allait mal. Le reste du casting fait moins dans la vedette : on retrouve en second rôle Robert Foster, qu’on avait beaucoup aimé dans Jackie Brown, et Matthew Lilard, qui a pris un méga coup de vieux depuis Scream, et Beau Bridge, aussi, dans un petit rôle. Surtout, le film est porté par les filles de Clooney, jouées par Shailene Woodley etAmara Miller , qui sont au top, et par le petit copain de la fille de Clooney, joué par Nick Krause, qui avec ses faux airs de Mark Gregory joue un rôle d’un ado empli de sagesse à force d’être idiot tout à fait savoureux. Bref, ça joue très bien, très juste tout au long du film, no problem.

 

 

Maintenant, le cœur du film, c’est son histoire. Et l’histoire de The descendants est très intéressante. Adaptée d’un roman de Kaui Hart Hemmings (c’est même son premier, pour être précis), elle mêle trois thèmes de manière astucieuse, chacun se répondant pour donner un sens au titre du film.

 

Le premier héritage est lié à la femme de Clooney. Ne sachant pas si elle va survivre, il doit se préparer au pire. C’est le moment de s’interroger sur ce que leur couple était, sur la personne qu’elle était, sur les personnes qu’elle fréquentait quand il n’était pas là. Qui se cache derrière la femme parfaite que tout le monde voyait en elle ? Que reste-t-il à sauver de cette histoire d’amour ?

 

Le deuxième héritage est celui de la famille et des amis proches. L’accident force Clooney à reprendre sa place de chef de famille, de renouer le dialogue avec ses filles, qu’il connaît finalement peu, et de s’imposer face à sa belle-famille. Evidemment, tout cela va se faire peu à peu, avec des maladresses, des incompréhensions entre ce père si strict et ces filles désorientées.

 

Enfin, le troisième héritage est celui d’un énorme terrain, situé en plein cœur d’Hawaï, que la loi oblige à vendre dans les 7 ans à venir, et qui représente un enjeu de taille pour la famille (au sens large, tous les cousins sont intéressés par l’histoire), et une source de stress inépuisable pour Clooney, qui mène les négociations. Qui faut-il préférer ? L’entrepreneur local, le magnat de l’hotellerie ? Quelle image laisse-t-on de soi quand on permet la construction d’un complexe hôtelier sur la dernière plage sauvage de l’île ?

 

 

Les intrigues liées à ces trois héritages sont intimement liées, de façon très habile. The descendants est un film très bien écrit, qui joue constamment entre l’émotion (accepter ce qu’on perd), et le rire (le copain crétin de la fille aînée). Le récit d’un homme plein de certitude, qui s’était égaré, et qui au moment de quitter ce qui a fait sa vie, se retrouve, et crée autre chose.

 

Un très beau film, donc.

 

 

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  • 1 month later...

Vu cet aprem'.

 

Un peu la flemme d'écrire trois tartines. En vrac :

 

- Le film arrive à rendre Hawaï aussi glamour que le port de Cherbourg un soir d'hiver

- J'ai pas reconnu Robert Forster avant de voir son nom au générique. C'est moche de vieillir, mais bon, c'est humain.

- Clooney est très bien et évite le "numéro d'acteur" ce que je craignais un peu

- Les deux filles sont très justes

- Le copain de la fille, j'ai eu envie de le tuer quasiment d'un bout à l'autre. Bon, au final, il amène un contrepoint qui ne choisit pas la facilité, donc why not... Mais quand même, ça reste une "fausse bonne idée" je trouve...

- Matthew Lillard : "C'est moche de vieillir" à la puissance 100000 !!!!

- Le film choisit quand même la facilité sur plein de points (notamment toute la partie "immobilière")

- Il reste des beaux moments, où on s'identifie, où l'émotion passe

- Une phrase prononcée en voix off résume bien la direction artistique du film : "A Hawai, tu peux être millionaire et ressembler à un clodo".

 

Voilà, mitigé. Pas mal, un joli regard sur cette histoire, mais pas ultime non plus. J'ai quand même préféré ça à "Sideways" que je trouve ultra surestimé. Pour moi, le vrai chef d’œuvre d'Alexander Payne reste son segment de "I love Paris" sur le 14e arrondissement, absolument génial.

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  • 1 month later...
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