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Dressé pour tuer - Samuel Fuller - 1982


Florent
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Dressé pour tuer marque le retour à Hollywood de Samuel Fuller après 18 ans d’absence. Le thème du racisme y est traité avec force et originalité. Krysty MCNichol est une jeune et jolie actrice de Los Angeles qui recueille un berger allemand après l’avoir heurté en voiture. Elle s’aperçoit très vite que l’animal a été dressé, dès la naissance, à s’attaquer à tous les gens de couleur. Le chien est alors confié à un dresseur (Burl Ives) qui devient rapidement obsédé par l’idée de soigner le chien de son « racisme » plutôt que de l’abattre tout simplement. L’émotion qui prime dans ce film est majestueusement renforcée par la musique d’Ennio Morricone.

 

Pour une fois le dos de la jaquette n’est pas mensonger et Samuel Fuller nous livre en pleine gueule un pamphlet sur le racisme, mais pas seulement…

Dernier film américain de l’auteur de Shock Corridor, La maison de Bambou, Baïonnette au canon , Le Démon des eaux troubles qui s’exilera ensuite en Europe pour de nouveau tourner, nous livre un film qui dépeint le processus du racisme par l’intermédiaire d’un chien. Inspiré par le livre de Romain Gary, Fuller en extrait une intrigue qui va au-delà du simple animal méchant et incontrôlable. Car il est très clair que le chien n’est qu’une métaphore pour illustrer comment se niche chez n’importe qui cette perception de l’autre et ce sentiment haineux. (Ainsi à la fin du métrage, une des dernières séquences nous donnera l’occasion de voir le propriétaire du chien. Un papy gâteau venu récupérer sa machine à tuer, accompagné de ces deux petits enfants. Cette séquence renforce le sentiment que les racistes sont monsieur tout le monde et qu’il ne faut pas se fier à certains stéréotypes.

En outre, Fuller traite d’autre thème moins évident mais tout autant important. Ainsi le dresseur (Bob Minor) (noir) qui veut

« déprogrammer » le chien, ne cède pas à la facilité, c’est-à-dire la mort de l’animal, et ce malgré les difficultés (agressivité, évasion). Le personnage tient donc un discours qui rentre parfaitement dans la ligne de pensée des opposants à la peine de mort. Ce n’est pas en éliminant le problème, en le masquant physiquement ou psychiquement que l’on éradiquera le racisme. C’est avec de la patience, de l’intelligence et de la communication que l’on pourra tenter de changer les choses, des adjectifs qui qualifient également l’attitude du dresseur.

 

SPOILER

Malheureusement la fin du métrage nous laisse penser le contraire et que lorsqu’on est raciste on le reste. Une fin pessimiste, qui voit le berger allemand mourir sous les balles. FIN DE SPOILER

 

Voilà pour une lecture générale du film mais il y a encore d’autres thèmes qui sont abordés tel que la production Hollywoodien (apparition en caméraman du réalisateur de Death Race 2000, Paul Bartel), les difficultés pour l’ami de Julie a trouver un financement pour ses projets et elle qui vit de casting en rôle mineur. De plus Fuller adresse un pic à la Guerre des étoiles à travers 2 séquences où l’on voit le personnage de Carruthers, interprété par Burl Ives, dresseur également qui envoie des fléchettes sur le poster de R2D2.

Ceci est anodin mais non dénué d’une volonté d’exprimer des opinions, sans aucun doute partagé par le cinéaste.

 

Le chien est parfaitement dressé et ses attaques sont très crédibles, et la mise en scène participe aux effets par une caméra portée pour être tantôt subjectif et objective. (À la place de l’animal et tantôt du coté de la victime et un point de vue global sur la situation).

 

Un film imparfait (manque de rythme) mais qui recèle une honnêteté et une mise en scène sèche et brutale font de « Dressé pour tuer » une œuvre intelligente et remarquable d’un point de vue des idées développées.

 

Vivement conseillé

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  • 2 years later...
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  • 1 month later...

et ben c'est la PESANCE!

c'est vrai qu'il y a un manque de rythme flagrant mais le film pèse lourd et ça garce aux fabuleux toutous et à la réalisation sèche de Fuller. du lourd sur coussinets!

j'aurais aimé voir le film au format

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