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Ne Vous Retournez Pas (Don't Look Now) - Nicolas Roeg (1973)


Florent
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Une vraie bonne surprise, à la hauteur des excellentes critiques lus à droite et à gauche. Notamment celle de Romain Le Vern sur dvdrama

 

http://www.dvdrama.com/news.php?9461&page=1

 

Je vous donne mon impression ainsi que les meilleurs extraits de la critique de Monsieur Romain Le Vern

 

"Ne vous retournez pas est un film formidable. Formidable parce que visuellement éblouissant et scénaristiquement retors: il accumule les allusions, les fausses pistes hasardeuses et par les délicieuses lois du montage roublard (utilisation maligne du flash-forward) manipule le spectateur sur toute la ligne. Du travail d'orfèvre".

 

Il ne fait aucun doute que le film est une petite merveille de montage. Entre une séquence d’ouverture et celle de clôture, Roeg témoigne de sa très grande maîtrise du matériau filmique. Le film est une véritable descente aux enfers. Julie Christie, absolument admirable, entraîne inévitablement le ressassement chez Donald Sutherland (également magnifique). Chaque personnages, à l’image de la séquence dans les toilettes du restaurant (faux semblants et facettes multiples), vont nous entraîner dans des fausses pistes nous faisant petit à petit oublié l’intrigue secondaire (le tueur) pour que l’effet final soit davantage saisissant.

 

"Toute cette menace ambiante, cette vulnérabilité dans les personnages qui tentent une dernière fois de croire en l’improbable, cette manipulation palpable et si discrète, tous ces éléments qui créent la perte de repères sont extrêmement bien rendus. Parce qu’au gré des rebondissements (nombreux et intenses), la solution était évidente et sous leurs yeux. Faute de l’avoir saisie à temps, elle se retourne contre le couple lui-même qui faisait fausse route. Soudainement, le rythme du film s’accélère et on débouche sur une dernière scène TERRIBLE qui marque longtemps l’esprit après le film".

 

Venise devient un véritable labyrinthe émotionnel pour le couple et la fin conclue le manque de communication entre l’homme et la femme. La fin est l’expression aussi bien du manque de confiance en l’un et l’autre que d’une blessure (la mort de leur fille) encore trop vive. Car cette mort est véritablement le nœud de l’histoire. La preuve en est, dans une séquence le personnage de Julie Christie reproche à celui de Sutherland son laxisme envers leurs enfants pour les avoir laisser jouer près du plan d’eau. Même si au long du film on ne ressent pas ces reproches, l’évitement sans cesse de Sutherland face à l’évocation de leur fille constitue la négation de la mort et donc l’impossibilité de faire son deuil. Le couple n’a plus la foi en eux.

 

"En plein milieu de l’intrigue, surgit un frisson érotique: une scène d’amour filmée dans toute sa sublime banalité où un couple se déshabille, se touche, s’embrasse dans un lit et se donne du plaisir pour mieux oublier la souffrance du quotidien"

 

Une séquence très belle, où pour la première fois le couple semble réellement unit, une rare marque d’affection l’un envers l’autre. Cette scène intervient comme un exutoire de la douleur mais aussi comme une tentative de renouer avec un passé vers un bonheur révolue, malgré les apparences. Et le film ne cesse de travailler la question du doute et qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

 

Un excellent film qui prend son temps pour installer une ambiance, des personnages et une intrigue, ce qui permet au spectateur d’être en totale compassion pour eux. Pour certain le film sera sûrement trop long et pas assez rythmé mais je pense justement que le plaisir du film réside dans sa capacité à nous faire vivre au plus près d’eux et de leurs souffrances.

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Méga déception pour ma part après tout ce que j'en avais entendu, le film m'a gentiment fait chier.

 

J'attends d'avoir 60 ans pour lui donner une deuxième chance.

 

je te comprend il m'a fallu un certain temps au début car je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel alors que le film marche justement dans son côté quotidien qui vire au drame et dans le fantastique (light). Cependant je l'ai trouvé très bon. Roeg est un habitué des films au rythme assez "lent" (Bad Timing, Eureka)

 

Je pense que le film est victime de tout le buzz fait autour de lui comme beaucoup d'autre film et qui s'avère décevant pour le spectateur qui à trop fantasmer dessus.

 

Allé fait moi plaisir n'attends pas tes 60 ans (qui sait ? )

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alors que le film marche justement dans son côté quotidien qui vire au drame et dans le fantastique (light).

 

 

Au contraire, le fantastique est extrêmement fort. L'eau comme élément redoutable y joue un rôle puissant, tout comme Venise et ses ombres. Maupassant l'avait déjà compris en écrivant cette frissonnante nouvelle qu'est "Sur l'eau" écrit il y a plus de 120 ans.

 

Excellent film bien entendu (même sur la cassette Canal+ pas top qualité)

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alors que le film marche justement dans son côté quotidien qui vire au drame et dans le fantastique (light).

 

 

Au contraire, le fantastique est extrêmement fort. L'eau comme élément redoutable y joue un rôle puissant, tout comme Venise et ses ombres. Maupassant l'avait déjà compris en écrivant cette frissonnante nouvelle qu'est "Sur l'eau" écrit il y a plus de 120 ans.

 

c'est une question de point de vue, pour moi je vois tous ces éléments fantastiques comme une fausse piste supplémentaire, car pour moi ce film n'est pas fantastique du tout.

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  • 7 years later...

Vu ce soir en HD sur Arte en prime time. Mais bon, la télé c'est le mal, ils passent que de la merde, tout le monde le sait bien.

 

 

Et donc le film. C'était bien, voire très bien, mais on m'en avait tellement parlé que je m'attendais peut être à encore mieux. En fait, il y a des fulgurances brillantes, mais tout n'est pas forcément égal, même si les moments "faibles" sont nécessaires à l'ensemble et à la force des trucs marquants. Enfin voilà, c'était bien qd même !

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passer un film à 20h30 au lieu des experts ou d un reality show, c'est devenu intello. Arte était donc tout désigné. jaurais jamais cru y a 20ans que je verrais des bons films à la télé un mercredi. les temps changent.

quant au film je ne lai pas vu mais je me suis fait méchamment spoilè par la jaquette du dvd !!!!!!

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la photo au dos de la jaquette

 

sutherland mort par terre couvert de sang

ce que m a dit stephane.

quant au rythme du film, j ai aimé les presque 3 h de dirk borgart sur son transat dans mort à venise. je pense que le roeg est plus mouvementé

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quant au rythme du film, j ai aimé les presque 3 h de dirk borgart sur son transat dans mort à venise. je pense que le roeg est plus mouvementé

 

je crois que j'ai vu un doc animalier sur la vie des escargots qui était plus mouvementé en même temps!!

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  • 5 years later...

Comment je me suis fais chier comme jamais.

Je l'ai regardé à cause de sa réput mais je ne vois pas ce qu'on lui trouve.

J'ai bien grillé que le montage était spécial et que sans doute ça doit apporter un truc au film.

Mais à part ça, je ne l'ai pas trouvé spécialement beau. L'histoire m'a profondément ennuyé. Le parti pris de "c'est le voyage banal d'un couple qui...au bord du gouffre...refus de la réalité...scène de fion..." au secours.

Y a des situations débiles, Donald qui va faire n'importe quoi sur un échafaudage pas du tout réaliste, Donald qui a des visions mais pas celle de la fin du film... bref.

A la fin du film j'avais qu'une chose qui me venait en tête c'était PETITE VIEILLE !!!!!!

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  • 2 years later...

Après avoir passé mon weekend à Venise, le moment était tout indiqué pour redonner une deuxième chance au film. Non pas que je n'ai pas aimé la première fois, mais j'avais quand même été un peu déçu, n'ayant pas forcément compris la réput' en béton armé du film.  Et je dois dire que je l'ai vraiment revu à la hausse. Pt être parce que je savais ce qui m'attendait, mais je suis bp plus rentré dans l'histoire. Ce couple à la dérive, ces audaces de montage, cette sublime BO de Pino Donaggio, ce Venise décrépit, froid et hostile, l'ambiance à la lisière du fantastique, le superbe tandem Christie / Sutherland, non, vraiment, cette fois je me suis laissé happer sans mal par cette fuite en avant de ce couple en deuil dans une ambiance morbide délicieusement glaçante. Une belle re-découverte ! 

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