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La Moglie più bella - Damiano Damiani (1970)


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aka The Most Beautiful Wife

 

 

La Moglie più bella est une adaptation, assez libre sur certains points (notemment sur le rôle des parents), de l'histoire vraie de Franca Violà qui fut enlevée et violée par son ex-fiancé, le mafioso Filippo Melodia.

C'est aussi un film tourné quasi entièrement vers ses personnages et leurs rapports. Et plus particulièrement, vers cette place qui est réservée à Francesca (alter ego cinématographique de Franca), vers son destin limité à la soumission et l'obeissance à cet homme qui la convoite avec morgue, parce qu'il croit avoir tout pouvoir sur elle.

Damiano décrit ainsi non seulement un univers traditionnaliste ultra machiste, mais aussi l'influence du pouvoir économique, de la force dont se servent les dirigeants d'une société civile qui obeit à ses propres codes. Il montre le rapport de force inégal entre ceux qui mènent la danse avec le soutien de la population, et la police vue comme un ennemi.

Il fait donc de la jeune fille une victime de tout un système, mais aussi une héroine décidée à mener sa propre vie.

 

Comme le récit repose essentiellement sur l'évolution et les sentiments des protagonistes, sa mise en images repose grandement sur les acteurs, notamment sur le duo Ornella Mutti / Alessio Orano.

La première est tout simplement étonnante dans son premier rôle (à 14 ans), au début du film en jeunette aux attitudes quasi enfantines, puis prenant une posture de plus en plus adulte, déterminée. Le second n'est pas en reste dans son rôle de voyou fier, imbu de sa personne et dont on devine l'ordure de grande ampleur qu'il projette de devenir.

D'ailleurs de gaçon générale, la distribution est sans défaut.

 

Damiano choisit d'adopter une mise en scène sobre, loin des grandes démonstrations emphatiques ou du film d'exploitation. A ce titre, le traitement du viol est exemplaire : on n'en verra rien, mais la scène de diner qui suit révèle toute la violence, l'oppression et la volonté de contrôle dont fait preuve l'agression.

La magnifique musique de Morricone agrémentée de la voix d'Edda Dell'Orso soutient très bien les images, et n'a pas de vide à combler (ce qui lui aurait été aisé vu son intensité).

 

 

Le DVD Z1 No Shame, sous le titre anglais The Most Beautiful wife est tout à fait satisfaisant, présentant le film en VOSTA et VA.

Le "reportage" en bonus de 45 mn est d'un faible intérêt, malgré les interviews de plusieurs participants du film : Damiano, Orano, le monteur, le photographe... tous ces gens pour quelques anecdotes répétées d'ailleurs plusieurs fois, chacun donnant sa version. Du gâchis !

 

Pour ceux que ça intéresserait, une adresse ou l'on trouve un article assez détaillé qui analyse la façon dont la véritable histoire fût relayée dans les médias italiens : ICI

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Oui, l'influence mafieuse est un des aspects majeurs et la toile de fond de la narration, mais mon sentiment est que le thème principal qui s'impose au cours du film est la volonté de Francesca de s'extirper des conventions sociales qui lui sont innacceptables.

On voit d'ailleurs comment la réalité des faits a été modifiée lors de son adaptation pour l'écran pour renforcer à la fois l'isolement et la détermination de la jeune fille.

Je crois qu'on peut dire que c'est un film féministe.

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J'irai pas jusqu'à dire que Damiani a fait un film féministe même si c'est vrai qu'il aime mettre en scène des femmes se battant contre le système de pensée traditionnel et donc machiste italien. En tout cas c'est clairement un cinéma social du Mezzogiorno.

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