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The Dark Knight - Christopher Nolan (2008)


Fabrice
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Un peu mieux que "Batman begins" et les Schumi ,mais film beaucoup trop long avec notamment ce climax interminable aux dialogues explicatifs et sentencieux...restent quelques trucs sympas grâce aux personnages d'Eckhart et Ledger,quelques scènes d'action plus lisibles que celles du premier opus mais en ce qui me concerne le "Batman Returns" de Burton reste indétrônable...

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Bon.

 

Je suis partagé entre "méga tarte dans ta gueule" et "je suis quand même super mal à l'aise avec le fond".

 

Bon déjà, parmi les trucs qui vont pas, la voix de Batman est vraiment ultimement ridicule, même la salle pouffait par moments (vu en VO je précise), la musique est a CHIER - excepté le "thème" du Joker qui fout un putain de malaise et qui pour le coup est génial - y'a dix fois trop d'effets à la con style décibels à donfs, la fin traîne super en longueur avec leur "je ne suis pas un héros lui c'est un héros non moi non lui ah ben non c'est pas un héros si", et le film perd franchement du peps avec l'histoire des bateaux, c'est vraiment dommage.

 

Parce que sinon on est quand même tenu par les couilles : deux ou trois micro passages et un début un peu gland gland mis à part, j'étais tendu comme le string d'une pute un jour de promo chez Durex, la tension monte jusqu'à cette putain de scène avec le Joker et Batman dans le commissariat et tout ce qui s'ensuit (pas de spoiler), sérieux, j'avais la chair de poule, des frissons, le film atteint vraiment des sommets à ce moment là. Je parle pas de la façon de filmer la ville, les plans incroyables, la virée à Honk Kong, le personnage de Dent, c'est quand même assez énorme.

 

Et puis donc y'a le Joker, et je sais plus trop quoi utiliser comme superlatif pour faire comprendre que bla bla bla il est incarné dans son rôle bref, il est juste impérial, déjà que je pouvais pas blairer Nicholson dans le rôle et ses tonnes de surjeu, là il passe vraiment pour un bouffon daté. Ledger est juste gigantesque, le personnage va jamais où on l'attend - et même quand on attend qu'il aille pas où on l'attend il surprend encore ! Je parle pas de twists ou de retournements de situation, rien de bien génial de ce côté là, juste du personnage en tant que tel, de sa psychologie. On en sait pas plus sur lui au début qu'à la fin, et c'est juste génial.

 

Sinon, le fond. J'ai rien lu de particulier, je précise, aucun article polémique (j'ai vaguement entendu parler d'un débat aux US et d'un papeleard dans Libé ce matin), mais y'a quand même des trucs, mouais. Justifier les écoutes pour lutter contre le terroriste quitte à sacrifier à nos libertés, ce genre de choses, c'est quand même pas anodin vu le contexte. Alors je dis pas que le film est un manifeste pro Bush, faut avoir un peu plus de nuances dans sa palette de couleurs, mais disons que c'est quand même un peu confus et difficile à saisir, tout ça. Je trouve le discours bordélique, et du coup je sais pas trop quoi en penser. Et en même temps je suis pas sûr qu'il n'y ait pas une bonne dose d'ironie derrière tout ça (quand Batman dit "le peuple de Gotham vient de te prouver qu'il était pas aussi pourri que toi" en même temps le peuple a juste pas eu les couilles, il a pas fait ça par grandeur d'âme), de l'autre y'a des trucs que j'ai trouvé super moyen (le détenu qui estime grosso modo qu'ils méritent de mourir).... Bref, je suis un peu partagé sur tout ça quoi.

 

Bon quand même j'irai le revoir, sur grand écran c'est juste le panard, hormis la fin qui pue et quelques petites choses sans importance, j'ai vraiment pris un pied d'enfer, c'est noir, noir, noir, filmé comme un Dieu, et le Joker défonce tout.

 

 

J'étais hyper content qu'il meure pas à la fin parce que j'adore le personnage... et j'ai réalisé presque en même temps que de toutes façons y'avait aucune chance de le revoir. Fait chier

 

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Perso, je m'en serais bien mangé 40 minutes de plus.

On sent que le montage originel du film dépassait les 3 heures et qu'il a fallu charcuter une bonne grosse demi-heure, du coup les scènes s'enchainent sans que le spectateur puisse vraiment souffler.

On en ressort épuisé.

 

A part ça, je refuse de porter un jugement définitif sur ce film avant de l'avoir revu deux ou trois fois.

Trop dense.

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Dense, trés trop dense, "trop dense ?"

 

Pas possible d'en parler hier soir car j'étais encore un peu abasourdis par ce que je venais de voir.

En fait quand on attends un film comme celui la, avec le passif qu'il contient (le fait que Begins soit passé par la, le parcours de Nolan, le sucés phénoménal outre atlantique) on est forcement conditionné à l'avance et on se fait le film déjà dans sa tête. On pense connaitre les grandes lignes mais on ne sait absolument pas ce qu'il y a entre ... Et c'est la ou je me suis sentis complètement écrasé par le film, c'est tellement riche et tellement énorme qu'il faut plusieurs vision pour saisir le tout (et du coup je commence a comprendre pourquoi le film engrange autant de pognon, tout le monde retourne le voir 3 fois )

 

Je pense qu'a la seconde vision (en Imax vendredi donc) je serais plus à même de parler clairement de ce que j'ai ressentis.

 

On m'avait dit que le principale défaut du film c'etait qu'il ne dure pas assez longtemps (pour ma part c'est vrai que j'ai trouvé ca bizarrement un peu court), pour ma part, le principale défaut du film c'est de limite ridiculiser Batman Begins, a comparer ce dernier fait pale figure (et pourtant je l'aime ce film)

 

J'ai pas été époustouflé par la prestation de Ledger, et pourtant la folie est la et il s'en sort mieux en seconde partie de film, mais a tête reposé il est clair que j'ai minimiser son importance tant ca me trotte dans l'esprit aujourd'hui.

 

Bon le score de Zimmer et JNH j'en reparle pas vu qu'on en a fait l'éloge par le passé, l'intégration avec le film est aux petits oignons.

 

Dark Knight c'est un casting de folie (Bale, Oldman, Caine, Freeman, Ledger), une mise en scène classe dans un scope hallucinant, une musique de folie et un scénario chargé en péripétie, bref ce qui se fait de mieux dans le cinoche calibré américain, on est d'ailleurs devant le blockbuster le plus intelligent qu'on ai vu depuis .... Je sais pas

 

Par contre je ne comprends toujours pas le succés énorme du film, c'est tout sauf une oeuvre facile d'accès !!

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En tout cas applaudissements en fin de film dans la salle où j'étais et pourtant c'était un UGC Ciné Cité tout pourri, je crois que le gens s'attendaient pas à ça (séance en VO je précise)

 

Pour ceux qui voudraient écouter le score (pourri ) sans l'acheter ou se faire chier à le télécharger il est sur Deezer :

http://www.deezer.com/#music/album/102197

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Par contre je ne comprends toujours pas le succés énorme du film, c'est tout sauf une oeuvre facile d'accès !!

 

Moi au contraire, je comprends vraiment le succès publique, après une promo d'enfer, le cas Ledger, et des critiques qui appelaient à 95% au blockbuster oscarisable. Sans compter le côté finalement très hollywoodien, conservateur et moraliste du film, derrière le côté "smart" qui fait un peu poudre aux yeux en l'état. Le succès critique est un peu plus surprenant, même si ça me permet d'en rajouter une couche sur la dictature des fanboys qui ont définitivement pris le contrôle désormais. Sur certains médias, il était interdit de dire du mal du film, sous peine de recevoir des menaces de mort, c'est limite s'il est désormais impossible de douter d'un film avant même que quelqu'un ne l'ait vu. Cette nouvelle vague a commencé avec Jackson et son King Kong, et ça s'est vraiment amplifié cette année avec des films fanboys-oriented only tels que Iron Man et The Hulk. Sûr, "The Dark Knight" repose sur une vision bien plus personnelle et risquée que les deux films pré-cités, mais l'équipe marketing a réussi un tour de force en arrivant à créer un consensus ultra-positif autour du film. Et sans mauvaise foi, je pense vraiment que c'est dû au distillage d'information destinés aux fans hard-cores. Franchement on est tous tombé dedans, une photo et deux trois posters, et on criait déjà au chef d'oeuvre, que Nolan avait tout compris au comic-book, que ça allait super sombre ouh la la attention. Mouaif au final, le film déçoit sur certains points quand même. Et ça n'est pas aussi adulte qu'on le dit, pour moi c'est le nouveau The Crow, le côté semble-t-il anarchique et glauque du film, ça va exciter les émos pendant un bon bout de temps, mais c'est tout.

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pour moi c'est le nouveau The Crow,

 

Autant comparer La Soupe aux choux avec Ken Park....

 

Ce que tu dis n'est peut-être pas totalement faux, mais si tu prends un petit peu de recul, et regarde le monde autour de toi, tu t'aperçois quand même que ce qui constitue la majorité des gens, ce sont des individus qui ne vont jamais sur les forums cinés, qui lisent une critique ciné par mois et qui ne connaissent ni la définition du mot fanboy ni le nom de Bob Kane. Donc à relativiser quand même, sans pour autant exclure l'influence de la communauté geek sur le spectateur lambda.

 

Mais il faut bien reconnaître que la chose a de la gueule. C'est bien torché. Les FX sont renversants. Les acteurs sont bons. Les décors sont réussis. Le Joker est et j'ai même bien aimé la musique.

Il y a 2-3 choses pas top (le monologue broute-cerveau de la fin alors que tout le monde avait compris avant qu'il ne l'ouvre, les mobiles-sonars et je sais plus quoi). Ceci dit, je n'ai pas eu le poil hérissé non plus. Il s'agit là d'un bon diverstissement dans le sens noble du terme et je préfère voir un film comme celui ci exploser Titanic plutôt qu'une autre bluette qui schlingue la guimauve de dessous les bras.

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Julien, je comprends bien ce que tu veux dire, mais quand meme, le bouche a oreille n'a pas ete classique, ca s'est pas fait au moment de la sortie du film, mais au moins 1 mois avant. Donc le statut de film culte ne s'est pas forge sur la base unique de gens lambda qui l'avait vu, mais par les medias qui se sont inspires comme souvent de ce qu'ils lisaient sur le net.

 

Je ne veux pas donner l'impression que je deteste le film non plus, ou que je fais mon francais de base, il y a au moins un morceau enorme du film, et c'est le Joker. Oui, ce personnage est formidablement defini a l'ecran, il bouffe tout, et ca tient d'ailleurs autant au script et la direction de Nolan qu'a la perf de Ledger. Mais le film est a son image, bancal, chaotique, imprevisible certes mais peut etre un peu dangereux dans le fond si on veut bien faire attention.

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Non mais faut pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour savoir que les parmi super notes donnés par les 200.000 membres de l'IMDB ou les super commentaires postés sur les blogs et les sites de ciné y'a sûrement des mecs qui bossent chez Warner et sont payés pour ça. Faut pas être naïf.

 

Mais bon quand je me projette à nouveau en 1989, avec la Batmania et la promo hallucinante du film de Burton (surtout pour la douche froide que ça a été une fois en salle), je me dis que TDK a certes bénéficié d'un marketing maousse et bien rodé, mais franchement pas très différent de plein de mégas blockbusters US, et surtout moins oppressant en comparaison.

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Moi au contraire, je comprends vraiment le succès publique, après une promo d'enfer, le cas Ledger, et des critiques qui appelaient à 95% au blockbuster oscarisable. Sans compter le côté finalement très hollywoodien, conservateur et moraliste du film, derrière le côté "smart" qui fait un peu poudre aux yeux en l'état. Le succès critique est un peu plus surprenant, même si ça me permet d'en rajouter une couche sur la dictature des fanboys qui ont définitivement pris le contrôle désormais. Sur certains médias, il était interdit de dire du mal du film, sous peine de recevoir des menaces de mort, c'est limite s'il est désormais impossible de douter d'un film avant même que quelqu'un ne l'ait vu. Cette nouvelle vague a commencé avec Jackson et son King Kong, et ça s'est vraiment amplifié cette année avec des films fanboys-oriented only tels que Iron Man et The Hulk. Sûr, "The Dark Knight" repose sur une vision bien plus personnelle et risquée que les deux films pré-cités, mais l'équipe marketing a réussi un tour de force en arrivant à créer un consensus ultra-positif autour du film. Et sans mauvaise foi, je pense vraiment que c'est dû au distillage d'information destinés aux fans hard-cores. Franchement on est tous tombé dedans, une photo et deux trois posters, et on criait déjà au chef d'oeuvre, que Nolan avait tout compris au comic-book, que ça allait super sombre ouh la la attention. Mouaif au final, le film déçoit sur certains points quand même. Et ça n'est pas aussi adulte qu'on le dit, pour moi c'est le nouveau The Crow, le côté semble-t-il anarchique et glauque du film, ça va exciter les émos pendant un bon bout de temps, mais c'est tout.

Je suis assez d'accord avec ton analyse, même si je m'étonne encore qu'on puisse encore s'étonner qu'un Blockbuster de la sorte soit conservateur. C'est ce que Hollywood a toujours fait depuis l'aube de sa création, je ne vois pas pourquoi le film de Nolan échapperait à ça.

De toutes façons, il n'y a qu'en France qu'on se pose ces questions là, à croire que la qualité d'un film se juge sur sa capacité à orienter son discours à gauche.

 

Libé : "un film fascistoïde". Je me marre. Que ce connard aille se branler sur le nouveau Cantet. Les films Hollywoodiens sont TOUJOURS le reflet esthétique du courant moral et politique qui traverse le pays à ce moment-là. C'est bien ça qui est passionnant dans leur cinéma : leur capacité à réagir très vite à travers la fiction.

Le journaliste semble dire que la noirceur du film et la noirceur de la période que traverse les Etats-Unis est disproportionnée, qu'ils en font des caisses. Pousses un peu plus loin son raisonnement, et le mec te dirait presque à demi-mot que ce qui s'est passé le 09/11 n'était finalement pas si important. Est-ce que ça s'est vraiment passé, de toutes façons ? C'est vrai, on y était pas.

 

Bref, je ne dis pas qu''il ne faut pas se questionner là-dessus, je dis juste qu'il y a énormément de mauvaise foi dans ces articles que j'ai pu lire.

Là où j'ai trouvé le film passionnant, c'est que Nolan a réussi à faire du Joker l'incarnation des forces entropiques. Ce personnage n'en est pas un. Ce n'est même pas un "character". C'est juste un flux. Le chaos fait chair.

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Je suis d'accord avec toi, mais d'un autre côté si les blockbusters sont presque toujours conservateurs l'engouement et l'espèce de passion qui se déchaîne pour le film sont assez spéciaux.

 

J'ai lu dans une critique tout à l'heure un mec qui parlait de carthasis, je sais pas si effectivement les spectateurs vivent pas un truc particulier avec ce film (comme avec tous les films, j'en sais rien). En tout cas la séance à des moments y'avait un truc qui passait dans la salle qui allait au-delà du grand spectacle plein la gueule. La scène de l'interrogatoire du Joker et toutes ses conséquences j'ai vraiment senti le public dans un truc qu'il attendait pas. En tout cas j'étais tendu comme un arc

 

Kero > le coup du film fasciste on appelle ça un marronnier

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Moi je me projetterai simplement en 2003, avec la sortie de Matrix Reloaded (Warner encore). C'etait un peu la meme chose, c'etait pas encore une douche froide a la sortie, le film avait ete bien recu, et le film avait bien marche sur les gens, moi compris, parce que ca nous assomait de messages super profonds ecrits au marqueur, mais bon comme c'etait bien enrobe, ca passait nickel. Le public est influencable, surtout sur ce genre de truc. Et alors imagine que les freres Nolan imitent les freres Wacho et te cite Nietzsche et Sartre en parlant de terrorisme, de liberte, et de determinisme, normal que ca resonne encore plus chez les gens. Sauf que c'est la que je me braque sur Dark Knight un peu au final, je pense.

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Ce n'est pas parce qu'il n'y a qu'en France qu'on se pose ces questions là, qu'il ne faut pas se les poser.

Je préfère des scribouillards qui s'interrogent à des passeurs de plat qui évacuent le contenu des films.

Quant au triomphe commercial du film, il m'interroge quand même. Ce ne sont pas les geeks qui font le succès d'un tel film dans ces proportions là... ces gens sont une courroie de transmission tout au plus, mais généralement ça ne va pas au-delà quand un film ne dépasse pas ce giron.

Pour le film en lui même, un très beau morceau de cinéma qui n'a pas de mal à faire oublier la vacuité de "begins". Reste que je me suis senti un peu "écrasé" par le film, son réel brio de mise en scène, et l'obscurité de son discours, mais pour une fois, l'emphase un brin prétentieuse du cinéma de Nolan est en adéquation avec une certaine densité dans celui-çi. Reste que que ces clichés en mémoire du 11 septembre, ça commence à devenir assomant a la longue...

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Pour "Libération", Batman et un film fasciste et Christian Bale est aussi expréssif qu'un Micro onde !

 

Ouf, ce concert de louange face au dernier film de nolan commençait à me stresser !

 

 

Cape. «The Dark Knight», projet politico-moral dans une atmosphère sombre, illuminée par un Heath Ledger incontrôlable.

DIDIER PérON

 

QUOTIDIEN : mercredi 13 août 2008

The Dark Knight de Christopher Nolan avec Heath Ledger, Christian Bale, Gary Oldman, Maggie Gyllenhaal… 2h27.

 

 

L’accueil critique favorable réservé à The Dark Knight étonne plus que le succès du film au box-office américain (160 millions de dollars de recette dès le premier week-end d’exploitation), plutôt prévisible puisque la franchise Batman est une vache à lait pour la Warner, depuis le premier épisode réalisé par Tim Burton, en 1989. Le positionnement adulte voulu par le réalisateur Christopher Nolan, né à Londres en 1970 et révélé en 2000 avec l’étonnant Memento, a fonctionné à plein régime. La plupart des journaux américains «sérieux» (à l’exception notable du New Yorker) ont applaudi ce Batman sombre, ancré dans l’atmosphère d’épouvante maussade qui semble saisir l’Amérique contemporaine. Tous les articles soulignent à quel point le film fait implicitement référence à un pays choqué par les attentats du 11-Septembre et n’en finissant pas, depuis, de remâcher ce coup de bambou traumatique. Entre hantise du terrorisme et menace écologique, les superproductions américaines se succèdent (Je suis une légende, Phénomènes, Wall-E…) qui, en forme de mises en garde de plus en plus alarmantes, agitent le spectre du retour à la barbarie (pour les hommes) et à la vie sauvage (pour l’espace urbanisé).

 

Baston. Le Batman nouveau ne fait donc qu’abonder dans cette vogue apocalyptique. Histoire de rappeler, en pleine période estivale, aux vacanciers rôtissant au soleil de la sottise, que le monde n’est pas une partie de plaisir (en paréo à fleurs) mais une baston (en cape noire et oreilles de chauve-souris). La noirceur du propos est doublée, hors-champ, par la mort de Heath Ledger, qui interprète le Joker. Le jeune acteur, devenu célèbre en 2005 pour sa composition de cow-boy pédé dans le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee, avait été retrouvé inanimé dans son appartement de New York, en janvier dernier, alors que les premières images de The Dark Knight commençaient à circuler. L’autopsie avait conclu à une overdose médicamenteuse (un cocktail d’anxiolytiques et d’analgésiques). Sa prestation limite, qui remplit d’une énergie incontrôlable chaque séquence où il apparaît, vide d’autant les scènes où il s’absente. Méconnaissable sous le maquillage défigurant du Joker, Ledger semble péter les plombs en direct et les rumeurs qui, après le tournage, le disaient perturbé par un rôle qui l’aurait envahi au-delà du raisonnable, alimentent à tour de bras la légende de ce néo-James Dean, qui pourrait recevoir un oscar à titre posthume.

 

Même si Nolan a tourné son film à Chicago (avec une petite échappée à Hongkong), la mégapole Gotham City évoque irrésistiblement New York. Une fois encore, la ville est en proie à la violence. Les différentes crapuleries locales ont fait alliance pour régner sur tous les secteurs de l’illégalité. Mais un nouveau personnage déboule comme un chien plus que fou : le Joker. Psychopathe fardé en clown, le visage balafré par le sourire à l’arme blanche que lui a taillé son père, le Joker ne s’intéresse pas à l’argent mais, beaucoup plus fort, au chaos. Il est qualifié à plusieurs reprises de «terroriste», dénomination curieuse mais qui tire la figure du malfrat déphasé vers celle de l’idéaliste politique prêt à tout pour semer l’anarchie. Il est combattu par deux idéalistes, le lieutenant de police Jim Gordon (Gary Oldman) et le fringuant procureur Harvey Dent (Aaron Eckhart, trop fade pour le rôle).

 

Orgueil. Et Batman alors ? Ses interventions en CDD prêtant main forte à la puissance publique finissent par poser problème. Au fond, n’a-t-il pas péché par orgueil en voulant étrangler toutes les mafias en même temps, jetant, avec ses gros bras, des hectolitres d’huile sur un feu qu’il est officieusement censé éteindre ? Derrière le masque noir, le multimilliardaire Bruce Wayne (Christian Bale, aussi expressif qu’un four à micro-ondes) commence à douter de sa vocation justicière.

 

Christopher Nolan et son frère Jonathan ont d’évidence cherché, dans leur scénario, à créer des situations qui évitent le bras de fer du bien et du mal, au profit de débats triangulaires, où les intérêts des uns et des autres se superposent et souvent s’annulent. La tonalité crépusculaire du film trahit aussi la solennité d’un projet qui entend mener de front le roulement de mécanique du film d’action et le débat politico-moral. Un coup de Batmobile, un dialogue de Platon, un bourre-pif bien placé, un séminaire sur Leo Strauss…

 

Mais on a quand même l’impression que le vacarme des traditionnelles séquences d’actions (bagnoles écrabouillées et bâtiments explosés) relève de la même poudre aux yeux que les efforts désespérés de Nolan pour avoir l’air plus finaud que la moyenne. Sa noirceur n’est jamais mélancolique et sa description d’un monde traversé par la terreur trahit non une véritable angoisse, mais une occasion rêvée d’en rajouter une couche. Le film, du moins, prête voix à une sourde demande fascistoïde, l’obsession générale du «nettoyage» de la ville confinant ici au grotesque.

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Ben écoute pour une fois - parce que j'aime vraiment pas Libé - je trouve pas que la critique soit un torchon. C'est pas celle de 300 (même si j'ai trouvé le film bien naze) ou d'Amélie Poulain, quoi.

 

Faut aussi se méfier des raccourcis, y'a le mot "demande fascistoïde" dans l'article et zou > on fait du Ici Paris, "pour Libé Batman est un film facho".

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