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Coolie


lolop4

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Bon, comme c'est Noël, et comme Allan Théo m'a supplié sur le forum d'HKmania voilà une petite review de cette énorme OFNI made by Bollywood.

 

 

Iqbal (Amitabh Bachchan) est élevé par un coolie (porteur de bagages) amputé d’un bras depuis que Zafar a tué son père et enlevé sa mère pour se venger à sa sortie de prison.

 

Réalisé par le duo Manmohan Desai et Prayag Raj, Coolie nous offre ce que les années 80 ont produit de plus savoureusement absurde. L'histoire est on ne peut plus « classique » : Iqbal (interprété par Dieu Bachchan himself) se retrouve orphelin lorsque Zafar (un barbu en Rayban) provoque un tsunami en ouvrant un robinet ... il noie ainsi tout un village dont le père d'Iqbal. Ce geste répond à une vengeance. Zafar, sortant tout juste de dix années de prison, découvre que son ex-petite amie Salma (la mère d’Iqbal) a refait sa vie. Elle a fait le choix d’une vie simple et modeste alors que notre truand lui offrait un train de vie luxueux. Etant du genre à ne rien lâcher, Zafar enlève la pauvre mère d'Iqbal qui se retrouve traumatisée de ne plus voir son enfant. Zafar vole alors un nourrisson, Sunny (Rishi Kapoor), pour compenser l'absence de son propre fils. De plus, rappelons que notre truand est une ordure de la pire espèce, il tue le père de Salma à coup de machette (en kickant gratuitement un pauvre poulet inoffensif au passage !). Belle entrée en matière et on appréciera cette magnifique giclée de sang sur une innocente colombe blanche. Comme-ci ce n’était pas assez bordélique, le grand-père, juste avant de mourir, accroche un message au cou de son aigle domestique pour prévenir sa famille que le fou furieux est lâché en pleine nature. Entre temps, l'aigle ira se battre contre un hélicoptère mais il ne réussit malheureusement qu'à crever un oeil du pilote. Poursuivi par un homme de main de Zafar, Iqbal est secouru par un Coolie qui se fait amputer d'un bras lors de l'affrontement. Si vous n’avez rien compris, c’est normal puisque l’on nage en plein délire !

 

La réalisation de Coolie est aussi improbable que son scénario. Tous les ingrédients indispensables pour cuisiner un chef d'œuvre sont réunis pour le meilleur et heureusement pour le pire. Car après cette entrée en matière plutôt musclée, la suite part en roue libre jusqu'au générique final. Du cinéma total et politisé. Les années passent et Bachchan, qui devient coolie à son tour, se transforme en leader et lance un mouvement de grève spontané. Il en viendra même à se battre contre les méchants capitalistes, armé d'une faucille et d'un marteau (à côté la Cité de la peur peut passer pour du cinéma d'auteur). Les nombreuses scènes de bastons sont bien entendu énormes. Les coups de Bachchan, portés à 30 cm du visage de l'adversaire, suffisent à le faire voltiger de plusieurs mètres. Et c'est tout un art que le lever de jambe de Bachchan ... aussi souple qu'un rugbyman retraité par l'arthrose. Le temps passe mais on ne voit pas les minutes défiler ... heureusement que le standard bollywoodien impose les 3h de bonheur réglementaires. Quoi de plus naturel pour se détendre et reposer ses zygomatiques lamentablement maltraités ? Mais une bonne chanson pardi ! Et c'est reparti pour une bonne dose de rigolade avec un Bachchan au meilleur de sa forme qui pousse jusqu'à nous faire une imitation de Chaplin des plus foireuses. Finalement, la danse devient aussi éprouvante que la baston ... autant passer directement à la scène où Bachchan fait une omelette en prenant un cours de Yoga (je vous jure que ce n’est pas une idée de Wong Jing !) Après 1 h de pur délice, le film se calme un peu (moins d'énormités visuelles). Mais je vous rassure, l'aigle qui attaquait l'hélicoptère revient régulièrement se bastonner. A propos, savez-vous qu'ils ont utilisé un oiseau empaillé pour les scènes d'action ? C'est bizarre quand même, il ne bouge pas les ailes quand il vole ...

 

Ensuite ça enchaîne sur le gros mélo des familles teinté de comédie et toujours de baston. Bachchan en fait naturellement des tonnes, mais c’est pour la bonne cause. La grande force de cette deuxième partie, ce sont ses nombreux retournements de situations complètement hallucinants (c'est sûr, Coolie a été réalisé sous overdose). Tous les personnages séparés accidentellement au début se retrouvent par hasard à 10 secondes d'intervalle (du genre le mec va mourir et croise son amie d'enfance sur le brancard l'emmenant à la salle d'opération, 5 secondes après avoir retrouvé son père qu'il avait perdu de vue à la naissance après avoir découvert qu'en fait sa mère n'est pas sa vraie mère car ... et patati et patata). Bref, Coolie remporte haut la main le championnat du monde des twists improbables. Sous cette montagne d'énormités, on retrouve de temps en temps quelques passages poétiques, notamment un sympathique pèlerinage à la Mecque où Iqbal croise sans le savoir son père qui était mort noyé au début par le tsunami (comment ça vous n'arrivez plus à suivre ?).

 

Malheureusement la fin approche ... mais se termine en apothéose : une poursuite en bagnole complètement surréaliste et enragée à faire passer French Connection et Police Federale L.A. pour des œuvres de fin d'études d'école de cinéma. Il est trop fort Bachchan quand il est en colère ! Par contre je ne vous raconterai pas la fin (j'ai déjà suffisamment spoilé) car le final vaut également son pesant de cacahuètes.

 

Coolie, c'est donc un délire pour spectateur averti en manque d'adrénaline qui frôle la perfection tellement il est perfectible. Mais pas seulement ... il s'agit aussi d'une vraie leçon de cinéma total et pas prise de tête avec des raccords improbables, des retournements de situations qui s'enchaînent à un rythme jamais vu, de la baston omniprésente, de la chanson, de la couleur, de l'humour, de l'amour, de la violence ... On rigole vraiment beaucoup, c'est souvent ridicule mais tellement fait avec le coeur et les tripes que le film devient vraiment touchant. A noter que Bachchan a failli mourir sur le tournage. Pendant son coma, des millions de fans se sont réunis dans la douleur pour le soutenir. Des temples ont même été érigés à sa gloire. Quand Bachchan défend la veuve et l'orphelin, c'est que du bonheur !

 

 

Voilà, et joyeux Noël !

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