Jump to content

L'audition - Luc Picard (2005)


Steve
 Share

Recommended Posts

 

Louis Tremblay, 40 ans, est payé pour intimider ou brutaliser ceux qui tardent à rembourser l'argent emprunté à des usuriers. Son travail ne plaît guère à sa compagne, la serveuse Suzie, qui ne se décide pas à lui annoncer qu'elle attend un enfant. De son côté, par peur du ridicule, le truand a toujours caché à la jeune femme son rêve de devenir acteur. Or, grâce à sa cousine, secrétaire dans une maison de production, Louis décroche une audition et obtient l'aide du réputé comédien Philippe Chevalier pour l'entraîner. Il a alors trois semaines pour entrer dans la peau de son personnage, un homme qui se filme en train de lire un déchirant message d'adieu à son jeune fils. Transformé par cette expérience, le collecteur de dettes songe à décrocher du boulot, d'autant plus que son coéquipier Marco ne cesse de faire des bêtises.

 

Bien sûr, rien à voir avec le film culte japonais, mais tout à voir avec un cinéma québécois décidement très vif, réfléchi et émouvant. "L'audition" est un type d'histoire qu'on retrouve d'ordinaire dans le cinéma américain et latino-américain des 10 dernières années (au hasard Magnolia, 21 Grams ou Amores Perros), mais très peu en Europe : une histoire d'amour, de violence et de rédemption. En cela, le film de Luc Picard est bien reconnaissable du continent d'où il a été produit. Qu'est-ce qui différencie donc les poids-lourd sus-nommés d'un petit film qui tente d'avoir les même ambition ? Réponse simple : une sincérité, une énergie et une certaine maîtrise tout le long.

 

Maîtrise du dialogue tout d'abord : il sonne toujours juste, et n'est réduit qu'au simple nécessaire. Jamais une phrase de trop, et le reste est lourd de sens. Luc Picard dirige ensuite des comédiens exceptionnels et offre une mise en scène inventive, parlante, et et pourtant très inspirée là encore du cinéma américain (caméra qui survole régulièrement l'action comme si tout n'était qu'un théâtre de marionnettes, scope magnifiquement cadrée lors des scènes d'action ou lyriques).

 

"L'audition" est également une déclaration d'amour d'un père à son enfant, thème visiblement cher pour l'acteur/réalisateur puisqu'il dédie son premier long-métrage à son fils. Au final, ça devient légèrement guimauve, mais tout de même une formidable réussite, une film qui ne lache jamais le spectateur et qui nous réjouit encore plus sur l'état artistique du cinéma québécois (certifié "avec poutine" !)

 

Trailer

Link to comment
Share on other sites

 Share

×
×
  • Create New...