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The Beauty Exchange - Erika Hnikova (2004)


Steve
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Zuzana, une lycéenne anorexique, en est au début de sa carrière de mannequin. Eva travaille comme ouvrière dans l'usine Skoda. Séduite par la magie de la chirurgie esthétique, elle dépense tous ses économies en reconstruction des seins. Karolina et Linda sont deux copines qui ont une même passion : le shopping. Infusions, pilules et cocktails amaigrissants, la rondelette comptable Magda connaît. Ces produits miracles lui ont coûté une fortune et deux kilos de plus.

 

Bien qu'héroïnes d'un film, Zuzana, Eva, Karolina, Linda et Magda ne sont pas des personnages fictifs. Ce sont des femmes en chair et en os et leurs préoccupations, aussi banales qu'elles puissent paraître, donnent lieu à une réflexion sérieuse : comment résister au diktat de la beauté, de la mode, de la publicité ? Comment en protéger des enfants ? Comment les persuader, et se persuader, que le "physiquement correct" n'est pas tellement important, qu'il n'est pas la clé du bonheur ? Erika Hnikova a souhaité que "Zeny pro meny" soit un documentaire grand public, pour femmes et hommes, où les victimes du monde à la Cosmopolitan se retrouvent (d'ailleurs, une confession de la rédactrice en chef de la version tchèque du magazine n'y manque pas). Erika Hnikova :

 

"J'ai voulu que mon film de fin d'études reflète, observe, scrute un sujet de société important. Je frôle la trentaine et je me suis aperçue que beaucoup de mes amies, mariées ou célibataires, mères de familles ou pas, s'interrogeaient sur l'idéal de la beauté, réfléchissaient si elles y répondaient. Ensuite, je suis tombée sur le livre de Naomi Wolf, Le mythe de la beauté. Et je me suis dite qu'étant femme, je devrais faire un film sur ce sujet-là. En m'y penchant, je me suis rendue compte que la société et les médias négligeaient cette problématique et que mon film pourrait être utile et susciter un débat public."

 

Si les protagonistes du documentaire nous font quand même pas mal rigoler, la réalisatrice parvient, à glacer le spectateur, rien qu'en affichent, sur l'écran, les chiffres suivants : chaque année, en République tchèque, près de 800 femmes anorexiques ou boulimiques sont hospitalisées ; le rejet de son physique serait à l'origine de 18% de cas de suicides, survenus dans le pays en 2002. Quelque 8 milliards de couronnes... telle est la somme que les Tchèques dépensent annuellement en produits de beauté.

 

Difficile de garder la tête froide ? Pas tellement. L'histoire de Zuzana Prikrylova, la plus jeune héroïne du film, en est la preuve. Zuzana a gagné un concours de mannequin, interrompu ses études au lycée et travaillé, pendant quelques semaines, à Paris et à Tokyo. Aujourd'hui, un an après la fin du tournage du documentaire, elle est de retour à Hradec Kralove, dans sa famille, à l'école. Quelques kilos de plus et un sourire permanent aux lèvres, elle raconte...

 

"Ce qui m'a beaucoup marqué, c'est la finale du concours 'Top modèle du nouveau millénaire', à Prague. Pendant une semaine, les organisateurs ont changé notre perception de l'univers de la mode. Très vite, ils nous ont entraînées dedans, en nous disant qu'on allait gagner des sommes vertigineuses, voyager, apprendre l'anglais. Cela m'a tenté. Pendant six mois, je l'ai fait. Mais à l'étranger, je me sentais seule, j'étais triste, être mannequin m'a paru très stéréotypé. Je pensais à ma famille, à mes copains, je voulais vivre comme eux. J'ai compris que ce n'était pas ce que je voulais faire dans ma vie. Et alors je suis revenue et je mène une vie tranquille et heureuse."

 

source : radio.cz

 

 

Sorti la même année que "Le rêve tchèque", les similitudes ne s'arrêtent pas là. Les deux documentaires utilisent une approche très sembable à de la télé réalité pour convoyer un message fort sur un changement brutal et parfois non-sensique de la société tchèque au cours d'à peine quelques années. Comme "Le rêve tchèque" également, l'oeuvre est le film de fin d'etudes de leur auteur respectif.

 

"Zeny pro meny" a connu une carrière exceptionnelle au cinéma à sa sortie en 2004, et il est interessant de voir que le film a donc su attiser la curiosité d'un public féminin évidemment visé. Le résultat est totalement subjectif, et d'aucun ne saurait nier que le documentaire est totalement "tchèque" dans sa capacité à proposer quelque chose de brut, mais ironique et provoquant, et finalement assez manipulateur. En tout cas, on y reconnait une certaine technique qui ne fait défaut à aucun film issue de la section documentaire de l'académie filmique tchèque.

 

Trailer : http://www.planetdvd.cz/dvdweb/downfull/3423_1l.wmv

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