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Dans les griffes de la hammer


tubbytoast
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  • 2 months later...

Fondé en 1934, la célèbre firme britannique Hammer régna sur le cinéma populaire fantastique, d’aventures et d’horreur européen de la fin des années 50 à la fin des seventies. Celle-ci popularisa dans le monde entier des comédiens comme Christopher Lee ou Peter Cushing.

Ravivé par du sang frais en 2007, avec d’une part une rétrospective Terence Fisher à la Cinémathèque de Paris et surtout le rachat par Endemol qui va tenter de redonner un second souffle à la prestigieuse firme. A suivre.

 

Plutôt que de proposer une ultime étude sur son imposante production, Nicolas Stanzick préfère aborder son sujet sous l’angle sociologique.

Partant de la résonnance qu’à pu avoir le studio anglais sur nos contemporains français dés les années 50 jusqu’à aujourd’hui, l’auteur disserte en particulier sur les films de Terence Fisher pour aboutir sur le cinéma de genre en général et ses influences sur la cinéphilie franco-française.

En France, après la guerre, hormis les rares films de Cocteau ou de Franju et les productions américaines, il était difficile satisfaire sa curiosité en matière de cinéma fantastique.

 

Que s’est-il donc passé cinématographiquement parlant entre la diffusion des classiques américains d’Universal d’avant guerre et de leurs succédanés anglais débutant dés 1957 avec le « Frankenstein s’est échappé » de Terence Fisher ?

Comment la critique, les cinéphiles, la jeunesse de l’époque ont-ils perçus le phénomène Hammer ?

Ce renouveau du cinéma de genre ou encore cette révolution (n’ayons pas peur des mots) était-elle la même pour tout le monde ?

Comment a-t-on réagi à Télérama ? Et dans la presse dite intello en général ?

 

Autant de réponses apportées par l’auteur qui se révèlent passionnantes à lire.

Ainsi la genèse de revues comme Midi-Minuit Fantastique (et son numéro 1 en 1962 célébrant un illustre inconnu appellé Terence Fisher) ou L’Ecran Fantastique puis le déboulement du fanzinat des années 70 tout comme l’apparition de tout un courant cinéphilique débouchant sur le cinéma bis est ici pertinemment expliqué et analysé.

Ce fut difficile pour certains de se mettre au diapason de la modernité (cf. le retournement de veste dans la ligne éditoriale de certaines revues) et d’accepter le cinéma d’horreur comme un genre à part entière pas uniquement destiné à un public de crétins congénitaux. Le parallèle avec la BD est judicieusement souligné.

 

Cette synthèse de prés de 460 pages de ce qui appartient désormais à l’histoire du cinéma de genre français est appuyé par les pensées, souvenirs parfois empreints de nostalgie et nombreuses anecdotes racontées par quelques personnes ayant vécu au plus prés cette période. Des critiques, historiens du cinéma ou même fanéditeur apportent leurs points de vue : Michel Caen, Alain Schlockoff, Gérard Lenne ou encore Norbert Moutier.

Un chapitre entier est également consacré à l’étude du public de la célèbre salle de quartier du Faubourg Poissonnière à Paris, le mythique temple du bis, le Midi-Minuit. Amen !

 

Scindé en 2 parties distinctes : la seconde partie compile les interviews des cinéphiles (ou cinéphage pour Christophe Lemaire) tandis que la première partie relate chronologiquement l’influence de la Hammer sur la France.

Ce superbe pavé se clôture sur une imposante bibliographie.

La Hammer a indéniablement créé la passion pour le fantastique en général chez toute une génération d’individus. C’est ce que prouve clairement le livre de Nicolas Stanzick.

 

Fan de la Hammer, fan de cinéma de genre en général, il ne faut guère rater ce bouquin !

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