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LA MALEDICTION DES WHATELEY de David Greene (1967)


johell
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LA MALEDICTION DES WHATELEY (The Shuttered Room) de David Greene (1967)

 

Il y a cinquante ans, le meunier Luther Watheley abandonna son moulin après y avoir enfermé une créature monstrueuse. Mais aujourd'hui, une jeune new-yorkaise, Susannah, arrive dans ce coin perdu d'Angleterre pour visiter le moulin maudit dont elle est l'héritière. Elle est accompagnée de son mari, Mike. Les villageois, peu aimables et vivant presque comme des sauvages en marge du progrès, considèrent la bâtisse comme hantée et essaient de faire fuir le jeune couple. Profitant d'une absence de Mike, Ethan, un cousin éloigné de Susannah lui fait des avances d'une vulgarité qui la répugne...

 

Un film bien étrange qui dégage une atmosphère singulière. Ce n'est pas étonnant quand on sait que ce film est basé sur une histoire écrite par August Derleth, collaborateur posthume d'H.P. Lovecraft dont il s'est inspiré des écrits et notes pour compiler son histoire. Il en ressort un sensation plutôt inconfortable constamment entretenu par la mise en scène naturaliste de David Greene, et supporté par d'excellents comédiens; notamment la charmante Carol Lynley et surtout Oliver Reed, absolument exceptionnel dans le rôle du cousin un peu bizarre... Le tout est rehaussé par une bande sonore expérimentale composé par le musicien de jazz Basil Kirchin. LA MALEDICTION DES WHATELEY réussit avec succès à faire ressortir l'angoissante terreur que l'on retrouve dans les meilleurs romans de Lovecraft. Même si le film n'est pas forcément parfait, il reste une oeuvre puissante, aux images aussi fascinantes que dérangeantes. Un long-métrage qui vous plonge dans un profond malaise. Une belle réussite!

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Bien aimé également, mon avis rejoins le tien de manièr egénérale.

Voici ce que j'avais écrit à l'époque - et j'étais persuadé que c'était tiré de Lovecraft lui-même

 

Adaptation au charme britannique de la nouvelle The Shuttered Room d'H.P. Lovecraft, LA MALEDICTION DES WHATELEY dégage quelque chose d'étrange de par son atmosphère un brin surréaliste, un peu à l'image de THE WICKER MAN - toute proportion gardée bien entendue. Et là où le film surprend le plus, c'est au niveau du traitement de son récit. Si l'intrigue principale tourne autour de la maison des Whateley et la malédiction pesant sur la famille - et donc la créature dans le grenier - David Greene s'intéresse beaucoup au rapport conflictuel du couple new-yorkais face aux jeunes locaux, une bande de trouble-fête menée par un Oliver Reed qui ne pense qu'à posséder Susannah. Ce qui donne droits à des passages inquiétants lors desquelles la blonde jeune fille se fait poursuivre le long de la rive par Oliver Reed (excellent) et ses compagnons sur une musique free-jazz aussi inquiétante qu'obsédante - musique qui est d'ailleurs pour beaucoup dans la réussite de la mise en place de l'atmosphère décalée du film. Plus tard, ce sera à son mari de se faire passer à tabac par le gang. On dirait la trame de base des CHIENS DE PAILLE de Sam Peckinpah... On est au final bien sûr très loin du film de Peckinpah et le film réintègre son orientation lovecraftienne pour lever le voile sur cette fameuse malédiction lors d'un final très convenu. Dommage donc que cela se termine sur une note aussi terne, mais une fois le film terminé on retient avant tout son ambiance étrange, sa mise en scène sobre aux dialogues rares et sa musique décalée.

 

 

C'est marrant. Depuis j'ai pu voir LES DAMNES, une prod Hammer où Oliver Reed campe un chef de bande fouteur de merde et qui agit sur une bande free-jazz.... Bon film également.

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Tout à la fait le genre de film qui m'obsède pendant un bon moment. Depuis que je l'ai découvert, j'y pense souvent. De plus, j'adore ce genre d'ambiances. Même si le film est loin d'être parfait, c'est une oeuvre qui m'a fortement impressionné et je l'adore totalement malgré ses défauts (c'est vrai que la fin, c'est franchement pas terrible).

 

Par contre, le film que tu cites, LES DAMNES, c'est disponible en DVD? Tu m'as mis l'eau à la bouche.

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Par contre, le film que tu cites, LES DAMNES, c'est disponible en DVD? Tu m'as mis l'eau à la bouche.

 

Salut, alors je voulais réagir sur le film Les Damnés que j'ai eu la chance de voir. Il semblerait qu'il soit introuvable en DVD pour le moment, bien que des rumeurs d'éditions UK courent depuis 2006 (Sony, puis Columbia, puis plus rien). Une VHS est sortie en 1996, amazon précisant qu'elle propose 87 minutes de film (soit la version US), alors que Sony / Columbia auraient restauré le film aux débuts des années 90 pour le ramener à son format d'origine soit 96 minutes (la version UK / director's cut). En tous cas, tu peux soit te procurer cette cassette ou chercher sur les sites qui vendent des DVDs rares, mais non officiels. Evidemment, il y a aussi un autre moyen pour obtenir le film en VOST...

 

On peut noter qu'il existe deux affiches promotionnelles différentes, l'une étant surement la version UK et l'autre la version US (enfin je suppose).

 

 

L'affiche la plus connue. Elle renvoit un peut trop au Village des Damnés sorti trois ans plus tôt. Alors que les deux films sont tout à fait différents.

 

Et celle là :

 

 

Sacrément trompeuse dans son genre. Elle ferait croire à un film de bikers ou de délinquants juvéniles, comme c'était la mode dans les années 50.

 

En tous cas, sur les deux affiches, on peut remarquer que le nom d'Oliver Reed est soit absent, soit relayé au second plan, alors qu'il tient un rôle relativement important.

 

These Are The Damned est un film méconnu de la Hammer qui mérite qu'on s'y intéresse à nouveau. Il est vrai que le scénario est un peu confus de prime abord. La première moitié du film est centrée sur le gang de malfrats mené par Oliver Reed. Un gang qui rappelle fortement celui de Malcolm McDowell dans Orange Mécanique. Une source d'inspiration ? Puis l'histoire confronte Macdonald Carey, Shirley Anne Field et Oliver Reed à un groupe d'enfants victimes d'expériences. Je n'en dis pas plus pour laisser la surprise à ceux qui ne l'auraient pas vu. Toujours est-il qu'à un moment on ne sait plus très bien où on veut nous emmener. Reste une fin touchante et très réussie et assez violente d'un point de vue émotionnel. C'est d'ailleurs cette intensité dramatique et la réalisation parfaite de Joseph Losey qui font de These Are The Damned un très bon film de science fiction pour l'époque. Parmi les meilleurs de la Hammer à l'image de la série des Quatermass.

 

La bande originale du film est intéressante, surtout par son emploi d'un chanson rock composée pour l'occasion Black Leather Rock aux paroles évocatrices : "Black Leather, crush crush crush... Black leather, smash smash smash... Black leather, kill kill kill". Une chanson reniée par son compositeur, James Bernard, qui l'a qualifiée de "embarrassante". C'est pourtant un sacré morceau punk avant l'heure !

 

Enfin, la même année est sorti un autre film de la Hammer avec Oliver Reed, Paranoiac, dans lequel je l'ai trouvé beaucoup mieux utilisé. Les derniers plans de These Are The Damed sont d'ailleurs similaires à l'ouverture de Paranoiac au passage. Simple hasard ?

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Juste, la chanson est terrible!

 

A propos de la construction un peu confuse du film, un commentaire sur imdb en donne une explication:

 

I agree with all the comments about this being a memorable movie and if things had worked out better it could have been a masterpiece. Unfortunately from what I have read about the production dear old Hammer somewhat lost their nerve about what Joseph Losey had served up to them. Rather like the distributers of The Wicker Man lost their nerve later.

The question that caused Hammer problems is the same question that plagued the Wicker Man - namely "what was it?!" Its not quite a scifi but its not quite a horror - is it a "message" movie about nuclear disarmament - is it a tale of disaffected youth?

Hammer apparently cut the film about something terrible before releasing it as the support half of a double bill in 1963 - the big film was Maniac. And if you watch the film carefully you can see some awkward chop and changes - the film story "lurches" about quite a bit which presumably where the cuts occurred.

One final point the statues created by Vivica Lindfors were specially sculpted by one of Britains leading sculpters of the time - Elizabeth Frink.

 

Voila, donc il semblerait que les dirigeants de la Hammer ne soient pas étrangers aux quelques défauts du film. L'auteur de ces quelques lignes cite aussi les sculptures du film, et c'est vrai qu'elle contribue à ménager l'atmosphère particulière du film.

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