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Terrifying Highschool Girls : Female Violence Classroom


Martin
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Pour faire plaisir à Allan, un petit salut du Eiga gogo! avec le premier volet de la série Terrifying Highschool Girls

 

 

Copie à revoir !

 

Au début des années 70, la Toei met en chantier toute une série de films d'exploitations pour relancer de déclinants yakuza-eiga auprès d'un public de plus en plus attiré par la petite lucarne. Proche des goûts d'un public jeune et masculin, la vague dite pinky violence déferle sur l'archipel. Reprenant les codes d'une jeunesse post soixante-huitarde rebelle et contestataire et y ajoutant une forte dose d'érotisme sadique, le tout baignant dans une délicieuse ambiance psychédélique. Simples variations de formules bien rodées, l'arrivée en force de jeunes femmes énervées balaie toute la cohorte des héros machos typiques des ninkyou-eiga des années 60. Ouvertement racoleurs et opportunistes, ces films valent plus par l'univers fantasmatique qu'ils véhiculent que leurs réelles qualités cinématographiques. La série des Onsen Geisha celle des Zukebo Bancho puis bientôt celle des Sukeban ou encore celle des Terrifying High School Girls. Autant de films consanguins qui, à quelques variantes près, brassent et ressassent les mêmes thématiques et codes.

 

Dans Female Violence Classroom, l'école est bien sur au centre des projecteurs. Une meute de lycéenne lubrique menée par les égéries de Norifumi Suzuki, à savoir Miki Sugimoto (la fameuse Zero Woman) et Reiko Ike, sa fidèle acolyte. Si le décorum scolaire offre tout un éventail de situations scabreuses alléchantes, tout ceci ne reste finalement qu'un terrain de jeu comme un autre. Suzuki, qui prouvera dans son superbe Le couvent de la bète sacrée que l'alliance exploitation et message contestataire était tout à fait possible au sein même des studios, n'a malheureusement pas ici les mêmes velléités. Au contraire d'un High School Panic ou Battle Royale, point de charge frontale ou détournée. Female Violence Classroom suit un canevas somme toute bien sage. Certes, les passages exploitationistes obligés sont fournis en nombre au spectateur curieux mais le tout manque singulièrement d'irrévérence et de panache. Le décor lycéen devient vite monotone (salle de classes, toilettes, terrain de sports) et l'intrigue rachitique peine a supporter de nombreux passages bavards. Néanmoins, lors de certaines séquences Female Violence Classroom semble enfin décoller. Scènes surréalistes, érotisme exacerbé, crêpages de chignons sanglants autant de moments esseulés, dilués dans le ventre mou du métrage qui peine à emporter le morceau.

 

La casting quasi-exclusivement féminin fait beaucoup dans le charme du film. Souvent taxé de misogynie, le cinéma nippon éleve ses personnages féminins en modèles rebelles et subversifs. Si les hommes n'apparaissent que par intermittences, force est de constater que les lycéennes usent d'un sadisme redoutable lors de séquences de tortures (coups de pieds et de poignards, brûlage de tétons,) ou d'une sexualité débridée (élèves qui se masturbent en cours, lancé groupé de culottes à la figure d'un professeur débordé,..). Le professeur, seule figure masculine, échoue à donner un contrepoint crédible au récit. Faiblesse chronique du genre, les sautes de ton désarçonnent le spectateur ; on passe de vaudevillesques séquences érotiques (une visite médicale où le medecin palpe les seins des consentantes élèves) au drame larmoyant (une élève se suicide). Les sympathiques mais faiblard morceaux de bravoures sont vaguement reliées entre eux par des sous intrigues anecdotiques (une élève en marge croit en l'amour, des yakuzas qui s'en mêlent).

 

Epaulé par une excellente et trop rare bande-son psychédélique, Suzuki illustre paresseusement son récit et nous livre d'avares expérimentations visuelles (caméra tourbillonnante, dilatation du temps et de l'espace). Forcement décevant au regard de ce dont est capable le cinéma d'exploitation japonais, Female Violence Classroom laisse un fort goût d'inachevé où l'on regrette finalement bien plus l'absence de ton subversif que celle des excès visuels. Un produit d'exploitation banal qui donnera lieu à trois suites que l'on espère plus délurées.

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