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Nuovomondo - Emanuele Crialese (2006)


Superwonderscope

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Attention, on est pas loin du chef d'oeuvre!

 

 

Nouveau film du réalisateur de Respiro, Nuovo Mondo (et son épouvantable et ridicule titre "français" Golden Door -sans parler d'un affiche assez quelconque) est un nouveau bijou que le cinéma italien nous offre.

 

Le film suit le voyage de plusieurs immigrés siciliens du début du XXe siècle de leur terre natale jusqu'aux USA, Ellis Island.

 

Nuovomondo garde une apreté tout le long du film. Une apreté qu'on avait rarement vue ces dernières années au cinéma. Des premières images du père et du fils (Vincenzo Amato et Francesco casisa -extraordinaires) gravissant à pieds nus des champs de pierre jusqu'à une croix, afin de demander à Diue ce qu'ils doivent faire. le tout, une pierre dans la bouche, la bouche ensanglantée. Le sens du sacrifice.

 

Un grand respect pour les personnages, tout comme dans Respiro. A l'inverse du film ensoleillé se déroulant sur l'Ile de Lampedusa où l'on voyait une communauté soudée quelque peu prisonnière de son environnement, on voit ici quelques paysans siciliens prendre la difficile décision de quitter le leur. De plonger dans l'inconnu. Pour donner des portraits de caractères généreux, jamais cyniques. Un film rugueux, jusque dans les regards. Regards qui seront privilégiés dans le rapport avec les acteurs.

 

Comme pour Respiro, Crialese n'a pas son pareil pour les portraits des personnages. Très peu de dialogues et un mélange. L'incompréhension n'est as qu'entre les règles m&ricianes & européennes. La plupart du film est tourné en sicilien, comme Respiro, et même si le ère parle aussi Italien, quelques tensions naissent ausein du bateau du fait de cette différence linguale. Sans compter avec l'anglaise à bord du bateau, à laquelle la mère (A. Quattrocchi, terrifiante de force et de beauté sicilienne brulée) lui dit qu'elle n'aura jamais son fils "car elle trop étrangère".

 

On saura très peu de choses sur ces immigrés. Que le père a perdu sa femme. Que l'un de ses fils (Filipo Pusillo, le petit fils de Valeria Golino dans Respiro) est muet - peut etre sourd - peut etre cache-t-il un secret. de cette femme anglaise élégante (Charlotte gainsbourg)qui se retrouve au milieu d'italiens. Les rumeurs les plus folles courent sur elle. On sait seulement qu'elle a besoin d'un mari pour entrer sur le sol américain. Un désespoir comme un autre.

 

La mise en scène, particulièrement dure et magnifique, garde une grande cohérence le long du film. Attachée aux regards des persoannges, elle se concentre sur l'action et ce que vivent les protagonistes, sans céder au spectaculaire, au pathos et la tentation de la fresque sociale facile. Une scène magnifique : celle de l tempete. La camera reste au milieu des immigrés, projetés contre les parois du bateau, entassés les uns sur les autres dands la semi-pénombre. La scène a un impact terrible : nous sommes parmi eux.

 

Les détaisl abondent. Des mollets pieds nus écorchés des paysans, aux mains écornées et viellies avant l'age, aux ongles sales, aux longs cheveux secs et cassant. L'image ne prive rien. Sans embellir, sans mentir mais surtout sans prendre parti. C'estl'un des forces principales du film.

 

Le film donne une lumière particulière sur la vision de l'immigration. Surtout en ces temps politiques agités qu'il s'agisse de curieux discours de certains politiques français. Ou encore des migrants qui arrivent par milliers sur des bateaux en ruine au sud de la Sicile, justement. Il y a plus de 70 ans, c'étaient les européens qui fuyaient en masse la misère, portés par le rêve de grandeur, de démesure, de richesse promise dans ce nouveau monde.

 

Le pire restant à venir avec l'épisode sur Ellis Island, où chaque immigré se voit inspecté sous toutes les coutures. Parce l'Amérique ne veut pas de "débiles" qui pourraient s'accoupler avec les citoyens américains. Le film, très précis sur la reconstitution historique, montre combien l'eugenisme était de rigueur. Une humiliation incroyable pour tous et un coup de poing dans les tripes pour le spectateur.

 

E. Crialese a repris quelques acteurs de Respiro (le père et ses deux fils pour joindre au casting une Charlotte Gainsbourg éthérée, vieillie et quelque peu enlaidie pour la circonstance. Il s'agit également du dernier film de l'acteur américian Vincent Schiavelli, mort peu après le tournage.

 

Conclusion, il faut courir voir Nuovomondo/Golden Door. Apre, dur, brut et généreux. L'un des films les plus importants de cette année, assurément!

 

Le film sort aujourd'hui 21 mars sur environ 200 copies.

 

Il est d'ores et déjà disponible en DVD italien :

 

Scope 2.35:1, 16/9, version italienne/sicilienne/anglaise avec st italiens et doté d'un 5.1 proprement ébouriffant - la scène de tempete est particulièrement impressionnante.

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Ayant adoré Respiro sur tes conseils SWS, j'attendais avec un impatience grande ce film, ta critique conforte, surtout que pour le moment j'en avais pas entendu le plus grand bien.

 

Bon d'un coté j'ai 300 à aller revoir, ce film attendra encore un peu.

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Film touchant, la première heure et par contre carrément gonflante et si le film n'avait pas complètement changé de ton sur cette deuxième partie j'aurais été fort énervé de m'être déplacé.

 

On suit donc le voyage d'une famille de consanguin passablement débile pendant un bon moment puis arrive le passage américain et la le film prend une tournure assez dure mais aussi poignante.

 

Une magnifique beo et un scope flamboyant rajoute au charme de ce film qui est à mes yeux quand même loin de la réussite de Respiro, dommage

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