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Clean, Shaven - Lodge Kerrigan - 1993


Jeremie
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Incroyable.

 

Peter Winter est un schyzophrène particulièrement instable venant fraîchement de quitter l'hôpital psychiatrique. Couvrant tous les miroirs qu'il croise, armé, et les nerfs à fleur de peau, il part en quête de sa petite fille Nicole alors qu'un détective rôde, totalement omnibulé par la traque d'un serial killer tueur d'enfants...

 

Un lointain cousin de Schizophrenia et de Erasearhead : si Kargl avait une nette préférence pour des mouvements de caméras amples voire démesuré, Kerrigan reste très près de ses personnages, et joue davantage avec les sons qu'avec l'image. Tout le long du film, le spectateur est immergé dans un brouhaha sonore déstabilisant, comme une radio à l'agonie tournant à vide, laissant échapper des sons aussi agressifs que crispants.

Et puis il y a les manies de Peter, aberrantes, allant à des gestes alarmants (séance de rasage devant un miroir...couvert !) à de l'auto-mutilation pure et dure (la scène des ongles, noooooooooooooon ). Peter Greene, possédé, y fait des miracles (il finira bad guy dans The Mask et ça, pour le coup, c'est moins miraculeux).

 

Kerrigan scrute les silences, minimise les dialogues, nous balade dans des paysages désolés et sans vie, traversés de figures usées : un monde sinistre, pesant, n'ayant plus rien à nous offrir, et auquel on n'a a plus rien à donner ; un cadre "zombiesque" là aussi très similaire à celui d'un Schizophrenia, plus désespéré encore.

Et il y a ce flic, frappé au final par la même démarche autiste que le perturbé Peter, promenant sa morne carcasse impassible...ou presque ; se révélant en réalité, obsédé, névrosé. On ne sait plus tellement à quel saint se vouer...

L'issue de cette courte (mais intense) expérience cinématographique se réserve quant à elle étonnement émouvante.

 

Et c'est sorti en catimini chez Seven 7

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