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Nollywood - Les films du cinéma nigérian


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On connaissait Hollywood en Californie, Bollywood à Bombay, voici Nollywood au Nigeria. Une industrie hyperprolifique capable de produire près de 1200 films par an. A Lagos, les polars ultraviolents et les comédies romantiques sont tournés à la va-vite avec des budgets dérisoires. Et le public africain s'en arrache les cassettes dans le monde entier. Le photographe Ludovic Carème a rencontré dans ce pays très religieux les plus grandes stars de Nollywood, des femmes qui ont trouvé dans le cinéma le moyen de leur libération.

Environ 1200 longs-métrages tournés chaque année. Des dizaines de stars au service d'une industrie qui emploie plus de 300000 personnes et génère plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Mais les visages de ces acteurs ne sont connus que du seul public africain. Ils viennent du Nigéria, de Nollywood (contraction de Nigeria et de Hollywood). Ici, c'est l'envers de Bollywood, l'usine indienne du cinéma mondial: pas de gros budgets, ni de salles de cinéma d'ailleurs, pour cause d'insécurité chronique et de crise économique. En revanche, 67% des Nigérians possèdent des magnétoscopes. Car, à Nollywood, tout est filmé en caméra vidéo et commercialisé en K7 sur les marchés nigérians.

Surgies du pays le plus peuplé d'Afrique -120 millions d'habitants -, ces fantasques productions rayonnent sur tout le continent et au-delà grâce à la plus importante diaspora noire du monde. Produire une home-vidéo ne coûte que 222 euros la minute, soit 50 fois moins que pour un film réalisé au Burkina Faso. A Lagos, capitale économique du Nigeria et deuxième ville la plus peuplée d'Afrique, moins de deux semaines suffisent pour tourner un film et moins d'un mois pour le retrouver dans les boutiques du monde entier. Sur tous les tons et à toute vitesse, Nollywood mixe la culture de la mondialisation et la post-modernité nigériane: vaudou, pétrodollars et insécurité. Après l'horreur et l'ultraviolence, la mode est aujourd'hui aux comédies romantiques et aux sagas évangéliques produites pour l'une des nations les plus pratiquantes du monde.

Dans cette industrie de l'urgence, à l'image du pire et du meilleur de l'Afrique urbaine, les femmes nigérianes ont trouvé un nouveau moyen de s'affranchir. Qu'elles soient costumières, productrices ou actrices, les histoires de ces femmes sont autant de scénarios. A Nollywood, on trouve d'ex étudiantes en droit enchaînant une dizaine de tournages par an, d'anciennes danseuses de musique traditionnelle fuji osant dévoiler leurs courbes malgré la pression religieuse des églises pentecôtistes, des doyennes de comédie yoruba passées par les pièces de Wole Soyinka, ou des starlettes spécialisées dans des rôles de bad girls qui leur collent à la peau. Mais aussi des musulmanes haoussa enfreignant, pour la passion du ciné-ma, la charia régulant le nord du Nigeria. Et évidemment des stars installées dans les quartiers très chics de Lekki, le Beverly Hills de la mégalopole nigé-riane. La plus grande de ces stars, Genevieve Nnaji, touche 17000 euros par film. Elle en a gagné plus de 150000 en 2004. Derrière elle, Rita Dominic, Ste-phanie Okereke, Bukky Wright, Shan George, Stella Damasus-Aboderin, Bimbo Akintola, l'explosive Cossy Orjiakor ou la nouvelle Grace Everly sont les autres têtes d'affiche les plus lucratives du moment.

 

Quelques trailers donc certains fantastiques comme The mirror, Suicide mission, Witches...

 

http://www.siu.edu/%7Eafrica/nollywood/ashes.html

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J'ai eu du mal à en regarder un jusqu'au bout..... malheureusement.

Comme il est précisé ci-dessus, c'est tourné sur support VHS, les acteurs jouent en anglais, et l'ensemble est forcément à des années lumières des productions auxquelles nous sommes habitués.... Sauf si on se bouffe les films de Donald Farmer et Steve Postal en boucle.... Mais ça je crois que ça n'arrive à personne

 

Avant d'en dire plus, je me réatellerai au visionnement de l'un de ces films, à savoir PYTHON et son "terrifiant" reptile géant animé par des figurants qui doivent trouver le temps bien long à gesticuler à l'horizontale dans un sac de couchage de 30 mètres de long

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  • 4 months later...

Etant marié à une Nigérianne, je connais bien la production du géant africain qui influence maintenant le reste du continent en terme de production (tournage en vidéo numérique).

 

Je n'ai eu droit ni aux polars violent, ni aux films sur le Vaudou. J'ai plutôt vu des films du genre Feux de l'amour ou autre drames familiaux où ils n'arrêtent pas de parler... Le filmage est assez calamiteux : champ/contrechamp qui ne raccordent pas, absence totale de découpage technique, absence totale de maîtrise de l'espace, son saturé... Parfois, ils ont des moyens et il y a des mouvements de grue, etc.

 

Malgré le tournage en numérique, les films sont distribués en Vidéo CD (les copies sont légions). Il faut donc 4 disques pour voir un seul film, la plupart du temps. Et ce support s'avère très très fragile et les drops, scratchs et autres patés numériques ne sont pas rares sur la copie... Et je ne parle pas de la restitution des couleurs...

 

La manufacturation et la distribution des VCD me laissent perplexe. Ma femme voulait me montrer un film que je ne connaissais pas : http://www.imdb.com/title/tt0081430/

Vendu dans un double VCD qui présente toutes les caractérisitiques, le film est d'un qualité déplorable. Le master provient d'un enregistrement vhs d'une chaîne sud africaine : le film est sous titré en afrikaaner dans des bandes noires incrustées sur l'image et "TV1000" est lisible en haut, à gauche... Bien sûr la pochette indique THX, DTS, etc. Le film est illisible, abîmé comme s'il avait servi pour jouer au Frisbee sur une plage du Delta du Niger...

 

Tout cela est bien dommage car d'après Le cinéma Africain, le livre de Paulin Soumanou Vieyra, le cinéma nigérian semble avoir produit des choses intéressantes dont des documentaires et des adaptations de Wole Soyinka et de... Huis-clos de Jean-Paul Sartre... Mais les copies de ces films, d'après mes sources, doivent être détruites ou perdues...

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  • 3 weeks later...
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