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Mademoiselle - Tony Richardson - 1966


Jeremie

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Un village en Corrèze. Mademoiselle n'a personne dans sa vie, et ne semble jamais en avoir eu. Du moins on le suppose. Elle est l'institutrice du village, bloc de glace impassible que personne ne soupçonne. Et pourtant, dès que tout le monde a le dos tourné, Mademoiselle inonde les fermes et incendie les maisons. Tous les soupçons se portent alors sur Manou, un bucheron italien mal vu dans la région, et dont le fils a la plus grande peine à s'intégrer. Objet de désir chez les femmes et de suspicions chez les hommes, il est aussi le fantasme de Mademoiselle...

 

Très grand rôle pour Jeanne Moreau mais aussi très grand film (méconnu il me semble) dont le scénario porte l'empreinte de Jean Genet et de Marguerite Duras. On vous laisse imaginer le résultat

C'est sans doute un poil trop long, mais la réalisation de Richardson est sidérante de beauté, avec des cadrages au cordeau, un noir et blanc superbe, un scope démentiel : encore une œuvre trop audacieuse pour son époque, trop en avance peut-être.

Une alliance de talents très habile, dont la patte de Genet est très reconnaissable : l'obsession pour la fascination du mal, les ravages de la beauté et du désir (l'érotisation d'Ettore Manni), les pulsions de sexe et de mort, la maniaquerie de Mademoiselle tendant vers un curieux fétichisme (et dire que Moreau venait de sortir d'un Bunuel) sans compter son sadisme prononcé...

 

La dernière partie est d'un érotisme incroyable pour l'époque, avec une étreinte sauvage (découverte des corps, nature obscure, visage couvert de crachats, soumission, animalité...) et silencieuse qui semble s'étirer indéfiniment comme un beau tableau surréaliste. A découvrir d'urgence !

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