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A la Recherche de Mr. Goodbar - Richard Brooks (1977)


Nicolas
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Theresa est une institutrice le jour, elle manifeste un total dévouement aux p'tits sourds et muets qu'elle a en charge. La nuit, elle traine dans les rues de la grande ville et fréquente les bars sordides à la recherche de rencontres rapides...

 

C'est un film que je trouve vraiment intriguant dans son propos, assez ambigu. Si on voit le personnage de Theresa comme une sorte de symbole, on serait tenté de taxer le film de réac vu la conclusion violente et sans appel à laquelle il nous mène.

Personnellement, je le prends davantage comme une histoire individuelle assez poignante, un portrait à la fois étincelant, qui évoque la nature humaine dans sa complexité et en dit long sur les paradoxes de la societé de l'époque.

Le style de Brooks, l'interprétation de Keaton, le réalisme poétique de certains passages en fait un must 70's à mes yeux. La fin me perturbe toujours autant... mais je préfère ne pas la dévoiler içi même...

Interdit aux moins de 18 ans à sa sortie.

Il repasse sur ciné cinéma demain soir... à ma connaissance, il n'est jamais sorti en DVD.

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Pourquoi, mais pourquoi faut-il qu'un film avec un sujet sur les rencontres rapides basées sur la satisfaction sexuelle se termine de manière glauque et négative?

 

Plus qu'un constat sur l'Amérique & les rapports hommes/femmes des années 70, c'est la vision étriquée d'Hollywood sur ce type de rapports. Sans parler des stéréotypes à foison présentés sans aucun recul, très en accord avec ce que le cinéma américain de studios voulait bien donner à voir à cette époque (au hasard, Tom Berenger, c'est quelque chose).

 

Diane Keaton est formidable, ceci dit, et porte tout le film sur ses épaules. Le film se veut dérangeant (il l'est par moments) et quasi -documentaire. Mais je le trouve suspect à bien des égards.

 

Je préfère largement China Blue sur un sujet sensiblement similaire!

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C'est marrant que tu parles de "China Blue" Sws, j'y repensais justement en rédigeant ma bafouille...

Mais oui, voilà, tu résumes bien l'ambiguité que j'évoquais à demi mots.

Difficile aussi de faire abstraction de la nature de son prédateur, sans pour autant dévoiler la fin!

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  • 3 years later...

Grand film c'est clair. Et on pourrait en dire des choses dessus...

Au delà du portrait de femme, c'est surtout la peinture de son époque qui impressionne le plus : quelque chose de décadent, de amer, de fiévreux ; toute cette période pré-Sida (la scène de la capote, qui schématise assez bien le rapport limite extra-terrestre de l'objet à cette période), sans peur, sans reproches (ou presque). L'excellent générique résume à merveille tout cela, avec l'extase du dance-floor, la tentation perpétuelle, le monde de la nuit avec ces night-club, ces cruising-bar... Très fort.

 

Les dernières minutes sont d'une radicalité rarement atteintes, j'ai eu quand même beaucoup de mal à les revoir, et après coup on a quand même une grosse boule au ventre. Pas sûr qu'un film de major s'autoriserait un tel virage de nos jours. Pour ce qui est de la question réac/pas réac, c'est sûr qu'il y a de quoi tiquer un peu : le personnage de Berenger reflète (et c'est sans doute le seul point négatif du film dans le fait qu'il appartienne bel et bien à son époque) toute une vision d'un système qu'on se passerait bien aujourd'hui. La prison, la sexualité non assumée, le physique d’Apollon mis en valeur, la brutalité : on le croirait échapper d'un bouquin de Genet.

 

Keaton serait donc une sale petite traînée qui mériterait ce qui lui arrive ?

Pas sûr que le le film aille dans ce sens : les parents catho sont quand même dépeint comme secs et parfaitement déplaisants, et les autres personnages offrent peu d'alternatives viables à la vie de débauche de la jeune femme : sa sœur voltige au grès des humeurs, avorte, se marie, divorce ; quant à James, c'est le gendre idéal un peu chiant et pas si stable que ça psychologiquement.

On est plus proche d'un pessimisme global (dignement représentatif du chaos d'une époque) que de quelque chose de réac à mon sens...

Le personnage de Gere (dans son rôle le plus taré) annonce quand même pas celui de A bout de souffle Made In U.S.A !

 

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