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Schramm - Jorg Buttgereit - 1993


Jeremie
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Il est clair qu'on aura plus de regrets face à l'extinction de la carrière de Jorg Buttgereit en découvrant Schramm que Nekromantik (quoique...). Au milieu de ses compatriotes Schnaas ou Ittenbach, le jeune homme a sû se distinguer du splatter gore de base avec une approche de la mort profondément dérangeante, celle qu'on approche pas, celle dont on ne veut pas entendre parler : une courte filmographie aux allures de symphonie funèbre, exaltant fumées nauséabondes et images encrassées.

 

Bref, ce gore auteurisant aura bien fait de gonfler certains, surtout à la vue d'un Nekromantik 2 exagérément barbant malgré ses excès. Schramm ne part pas d'un principe nouveau cependant : Buttgereit voulait son film à la base comme une réponse à la vague de thrillers 90's en adoptant le point de vue du serial killer. Délicat alors d'aborder la chose telle quelle, quand le genre se traîne des monuments tels que Maniac, Schizophrenia ou Henry portrait of a serial killer.

Micro moyen, micro budget : la sauce prend malgré tout, car Buttgereit a gagné en expérience : il n'est plus abruti par l'amateurisme formel d'un Nekromantik ou lourdé par les longueurs de sa suite. Retraçant le quotidien d'un cinglé avant sa mort accidentelle, Buttgereit se détache de toutes structures linéaires et titille la corde du cinéma sensitif.

Il y a là dedans un chant de la solitude faisant écho au tout aussi désespéré I Zombie, avec qui il partage les mêmes errances cradingues, la même émotion dégénérée. Aux antipodes de certains grands tarés, Lother Schramm est un quidam à la bouille rassurante, dont le quotidien est dépecé jusque dans ses habitudes sexuelles, Buttgereit ne se privant pas de filmer son acteur de la tête au pied comme un bout de viande à l'abandon. Les expérimentations sonores et visuelles (rien que le générique ) sont payantes et fonctionnent totalement, nous perdant dans une psyché en décomposition, dont les zones d'ombres resteront cependant nombreuses. Son meilleur film, et de loin.

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Complètement d'accord. On est loin du film d'ado boutonneux, du gore pour le gore façon Schnaas/Ittenbach. Schramm est un film sur le malaise et son esthétique, sa musique, son acteur, y contribuent avec une efficacité qui fait froid dans le dos. C'est assez fascinant en fait.

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  • 1 year later...

 

Déjà rien qu'une ambiance particulière, qui nous reste pas mal de temps après avoir vu le film, qui enveloppe tout un métrage, je suis fan et je pourrais en reprendre pour 4 heures.

Je n'ai pas été déçu ici entre les expérimentations visuelles hallucinantes et la bande son excellente que l'on croirait sortie entre les organes du protagoniste. On a cette impression constante d'être dans les tripes d'un mec seul et dérangé et de voir selon ses pensées. Sa nostalgie, sa fascination pour les corps, la propre dégradation de son corps hallucinée ou non. Quand il prend des photos de ses deux victimes, le plan où on voit juste deux corps immobiles, on le ressent comme une oeuvre à l'esthétisme morbide.

D'une efficacité froide, implacable, le générique de début est à tomber par terre, le thème musical excellent, j'ai beaucoup aimé et l'ambiance particulière qui se dégage me reste pas mal de temps après avoir vu le film.

 

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