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Deux de la vague - Emmanuel Laurent - 2011


kevo42
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L'histoire d'amour compliquée entre deux hommes, François Truffaut, et Jean-Luc Godard, et les troubles psychologiques causés sur leur fils adoptif, Jean-Pierre Léaud, qui on le sait tous, ne s'en remettra jamais, et tournera par leur faute dans Parano.

 

Y a du bon et moins bon, dirons-nous.

 

Premièrement, c'est pas un documentaire pour le cinéma. Ca n'a rien à y faire. Le film est ultra didactique, filmé en dv moche, aucune idée de mise en scène, néant. On y apprend rien pour peu qu'on connaisse un peu Godard et Truffaut (perso, vu que je prépare une animation sur la nouvelle vague, j'avais les bases, et j'ai appris vraiment très peu de trucs. Quelques mises en perspective, mais rien de transcendant).

 

Surtout, le film a un parti pris pas inintéressant mais forcément limitant : il ne propose aucun matériel nouveau. Que des images d'archives, et même pas vraiment des archives personnelles inconnues (quelques photos à la limite), non non des articles des cahiers, des archives du festival de Cannes, d'interview télés. Le seul travail, outre que de montage, c'est de filmer l'horrible Isild Le Besco en caméra numérico-gerbante, en super gros plan, en train de lire les cahiers du cinéma, se promener devant la cinémathèque (ancienne et nouvelle). Non seulement c'est passionnant, surtout vu le charisme de la Le Besco, mais en plus elle dépasse tous les degré de faisage de gueule. Elle fait tellement la tronche qu'on a l'impression qu'elle s'est fait souder les lèvres par un sorcier africain (ou un ouvrier Letton du chantier de Saint-Nazaire) pendant son sommeil.

 

Ce parti pris amène à deux gros foutages de gueule :

1 - la nouvelle vague pour le réalisateur, c'est Truffaut et Godard, point à la ligne. C'est pas forcément faux, mais ça aurait mérité une petite discussion. Après, je peux comprendre que si on fait un film de groupe, le sens se dilue.

 

2 - surtout, pourquoi pas d'interview ? Léaud est toujours vivant, Godard aussi. Anna Karina tambièn, sans parler de Resnais et Rivette. Pourquoi ne pas les avoir interrogé ? Surtout que le film est écrit sous la direction d'Antoine De Baecque, qui est le critique historien référence en la matière, et donc doit connaître tous ces gens. Avoir le point de vue de Godard, maintenant, ce serait passionnant, je pense. Mais non. Ca aurait peut-être été difficile à faire, mais c'est ça qu'on aurait voulu voir. Pas un film qui ménage la chèvre et le chou, partage les torts, et ne critique personne (c'est la faute à pas de chance, ma bonne dame).

 

 

Donc, c'est pas terrible.

 

Mais y a quand même un truc de bien dans ce film, c'est Godard. Dès qu'il apparaît, on est dans le cinéma. C'est assez fou que ce soit lui qui parle tout le temps de réel, alors que lui est constamment dans la pause, la frime, l'épate, avec ses lunettes de soleil, son accent suisse, ses phrases à la con. Il est vraiment fascinant, et on comprend pourquoi les critiques continuent à le soutenir : je pense que quand tu interviewes un mec comme ça, tu dois te sentir intelligent tout d'un coup. Il est stimulant, quoi.

 

Même quand il dit des conneries grosses comme lui, et que tu te dis qu'au fond, Truffaut, le gars un peu médiocre, a raison, Godard, c'est trop un bad boy. Et ça c'est cool.

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Non seulement c'est passionnant, surtout vu le charisme de la Le Besco, mais en plus elle dépasse tous les degré de faisage de gueule. Elle fait tellement la tronche qu'on a l'impression qu'elle s'est fait souder les lèvres par un sorcier africain (ou un ouvrier Letton du chantier de Saint-Nazaire) pendant son sommeil.

 

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