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Koji Wakamatsu


Filou
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J'ai récemment fais l'acquisition du coffret Wakamatsu

 

Voici mes critiques des 4 films, j'espère que cela donnera envie à certains de se pencher sur l'oeuvre du Monsieur (passionante, que cela soit dit)

 

Les secrets derrière le mur:

 

Les secrets derrière le mur nous présente le quotidien de différentes personnes vivant dans un quartier résidentielle déshumanisé quelque part au Japon. Tous les protagonistes (une femme au foyer, un étudiant, un couple adultère) ont des vies peu mouvementées, mornes et sans saveur. Ils fuient leur existance chacun à leurs façon jusqu'à l'inéductable conclusion qui s'averra tragique.

 

Le réalisateur use beaucoup de gros plans, surtout durant les scènes "érotiques", ce qui rend ces dernières presque glauque. L'atmosphère claustrophobique est bien rendue, bien que l'on sent que le film a été tournée dans des conditions minimales et en très peu de temps. Certaines scènes sont, à mon goût, un peu bâclées.

 

Je trouve que le film ne décolle jamais réellement, à part lors du final et qu'il a perdu un peu de son côté subversif aujourd'hui. C'est malgré tout une découverte intéressante.

 

 

Quand l'Embryon part braconner:

 

Ce film m'a littéralement cloué sur mon siège. J'ai trouvé la réalisation vraiment efficace, que ce soit la mise en scène (l'unique décor est brillament utilisé), la photo (très beau noir et blanc, l'éclairage rappelle parfois le courant expressioniste) ou les acteurs (mon Dieu, l'actrice prend vraiement cher).

 

Le film est une sorte de cauchemar surréaliste, où l'on suit cet homme totalement dérangé dans son obession : soumettre sa conquête d'un soir et en faire un femme parfaite (intéressante parabole sur la condition de la femme au Japon).

 

Le contenu subversif reste intact près de 40 ans après la réalisation du film. L'interdiction au moins de 18 ans et en revanche totalement déplacée mais il faut bien admettre que les scènes violentes sont assez corsées. Par contre, taxer ce métrage de mysogine alors que la femme est sans conteste le personnage fort du film est totalement ridicule pour quiconque ayant suivis le film jusqu'au bout.

 

Le film dégage en outre une certaine poésie absolument fascinante. Chaudement recommandé pour ma part.

 

 

Les Anges violés:

 

Troisième volet de cet excellent coffret Wakamatsu, Les Anges Violés est une oeuvre singulière et fascinante.

 

Des infirmières font entrer un homme dans leur dortoir et le laisse regarder deux d'entre elles en train de faire l'amour. L'inconnu se met alors très en colère et abat les deux amantes. S'en suit alors un véritable massacre...

 

Ce qui frappe tout d'abord lors de la vision du film, c'est l'emploi du cinémascope, ce qui donne au film des allures de série A, alors qu'il s'agit clairement d'une série B, tournée en peu de temps et avec très peu de moyens. Le noir et blanc est impeccable tout comme le montage, très moderne et inventif. Un film vraiement très beau visuellement, qui tranche avec la violence des images.

 

Le film, comme tous les autres que j'ai pu voire de Wakamatsu, dégage une poésie très particulière, morbide sans être déprimante, violente sans être complaisante mais surtout, subversive sans être vaine et ennuyeuse. Le métrage dégage une sensation étrange, où l'on a constamment l'impression que tout peut arriver, tout est surréaliste et différent, cette impression d'assister à un cinéma libre de toute contrainte commerciale, ce qui rend l'oeuvre de Wakamatsu si précieuse. En un mot : à découvrir, absolument.

 

 

Va va vierge pour la deuxième fois:

 

Bien que le film le plus connu de ce coffret Wakamatsu soit "Quand l'Embryon part braconner", le véritable chef d'oeuvre de cette volée et pour moi sans conteste ce magnifique "Va va vierge pour la deuxième fois".

 

Une fille est violée sur le toit d'un immeuble par une bande de jeunes délinquants. Un jeune homme assiste à la scène sans y prendre part. Le lendemain, la victime du viol sympathise avec le jeune homme. Ils se rendent alors compte que tous deux ont une vie misérable et partagent l'envie d'en finir avec celle-ci...

 

Une oeuvre folle, qui part dans tous les sens sans jamais s'égarer. Toujours filmé dans un scope flamboyant, la photographie est simplement magnifique. Le film est à la fois drôle et triste, jamais prévisible, les idées les plus folles se succèdent sans temps mort jusqu'au final, beau et tragique. La musique, du jazz principalement, participe grandement à l'ambiance poétique du film.

 

Je pourrais encenser encore longtemps cette petite merveille mais ce serait trop en révéler. Je vous conseille donc d'acquérir cet excellent coffret et de voire ces oeuvres géniales, hors normes et totalement hors du temps au plus vite.

 

Chef d'oeuvre pour ma part.

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Suite au passage de Wakamatsu à la Cinémathèque Française, revenons sur plusieurs films du réalisateurs :

 

* 3 critiques de film : La Saison de la terreur, Le Vagabond du sexe et Piscine sans eau (ces deux derniers sont signés Bruce Randylan)

* Wakamatsu en 7 films

* Retour sur le livre "Koji Wakamatsu cinéaste de la révolte, dont il est question ici...

 

Et pour l'occasion, on remet l'interview du réalisateur en lien...

 

http://www.1kult.com/2011/01/21/special-koji-wakamatsu

 

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