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La prisonnière - Henri George-Clouzot - 1968


Jeremie
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C'est clairement autre chose que Le corbeau ou Les diaboliques, mais admirable, ça pour sûr.

 

On peut considérer en clair La prisonnière comme le "reste" de la difficile expérience de L'enfer, bien que le sujet traité, ici une romance sado-masochiste, soit totalement différent.

 

Jeune femme belle et épanouie, Josée aide régulièrement son compagnon à remplir la galerie d'art fraîchement ouverte de l'énigmatique Stan. Bien que heureuse dans son couple - les tourtereaux ne se cachent rien - Josée accepte un soir l'invitation de Stan : elle y découvre un univers raffiné et luxueux, dont le rouge et le noir dominant n'est qu'une mince façade ; en effet, Stan occupe son temps libre en pratiquant des photos de nus à tendance SM.

A la fois choquée et amusée, Josée assiste à l'une de ses séances : tremblante et excitée, elle tombe sous le charme de ce monde vénéneux. Mais Stan se considère comme un individu maléfique, se trouvant dans l'impossibilité d'aimer. Elle devient alors la victime, la prisonnière, à l'image de ces femmes humiliées qu'on peut apercevoir dans son reportage...

 

Le mariage entre Clouzot et la couleur explose à chaque plan, cette liaison orageuse et dominatrice s'animant alors dans un ballet de décor sixties, de sculptures tordues et de reflets ténébreux. Belle maîtrise technique (mais ça on le savait déjà), servant aussi bien les moments les plus touchants (l'étreinte des amants dans l'hôtel Breton, la scène des vagues) et d'autres, bien plus fiévreux (la séance de shooting enivrante ou l'ébouriffant trip final, qui réutilise à bon escient les expérimentations de L'enfer).

Ce chassé-croisé sadien, passionnant, paraîtra cependant bien sage (voyeurisme et photos olé olé) aujourd'hui, mais fascine avec ses airs de kaléidoscope pervers.

Preuve indubitable de l'empreinte du maître, l'année suivante marquera l'apparition de deux dérivés très voyants du film de Clouzot, Femina Ridens & La bête aveugle, empruntant l'esthétique partagé entre le kitch et le sordide, et poussant bien plus loin le bouchon du SM.

 

Edited by Guest
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  • 9 years later...

Enfin découvert hier grâce au BR Studio Canal.

 

Je rejoins totalement la critique de Jérémie, donc je vais pas tout reprendre mot à mot. On sent clairement les restes de "L'enfer" ici, c'est donc superbe visuellement, on se laisse porter assez facilement dans cet univers, mais c'est vrai aussi que tout ça parait un peu "sage" en le découvrant aujourd'hui, et laisse peut être un petit gout d'inachevé vu le sujet. Chouette découverte qd même, un Clouzot atypique, mais à voir, et sur grand écran certaines scènes doivent être monumentales !

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