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La Nuit Des Horloges - Jean Rollin (2007)


FUCK YOU BILL MURRAY

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Il me semblait qu'il existait un thread sur ce film, mais je ne l'ai pas trouvé.

Je me permet donc de créer celui-là et de poster la petite review que j'ai écris sur mon blog

(http://blackcatboneseditions.blogspot.com/2008/03/la-nuit-des-horloges-jean-rollin-2007.html)

 

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"Michel Jean m'a alors dit :

Dans la séquence du film d'ouverture du film de William Wellman "La ville abandonnée",

sept cavaliers arrivent dans une petite ville de l'ouest. Ils entrent dans un saloon, couverts

de poussière, épuisés, et accoudés au comptoir ils regardent un tableau en face d'eux sur un mur.

C'est une peinture naïve, une jeune femme nue sur un cheval noir qui se cabre. C'est comme un

envol du rêve, une ouverture vers une poésie de l'ailleurs. Un des hommes parle, c'est Gregory Peck.

Il dit "J'aimerais bien savoir ou galope ce cheval".

Michel Jean a alors ajouté "C'est pour savoir où galope ce cheval que je pars. Et quand je l'aurais

trouvé, tu viendras me rejoindre petite fille".

Depuis, je ne l'ai plus jamais revue. Peut-être qu'il a trouvé"

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Anachronique. Le dernier film de Jean Rollin est une expérience sauvagement anachronique. Un "entre monde" totalement coupé du temps. Ou alors figé dans une toute autre époque (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitreuuuh). Bon, vous allez me dire, ce n'est pas nouveau, à la fin des années 60 Jean Rollin était déjà un personnage totalement anachronique, originellement en rupture avec son époque. Son univers, sa poésie désuète, son inspiration, lui, il la tient plutôt de la littérature fantastique du XIXe siècle. Et ce n'est pas parce que (selon Philippe Muray) "le XIXe siècle est le prototype de ce qui advient au XXe siècle", que le XXe siècle a été tendre avec les artistes qui voyaient en cette période le dernier "âge d'or", pressé qu'il était à mettre les 18 siècles d'histoire qui l'ont précédé à la poubelle.

 

En voyant ce film, rempli de livres, de peintures, de sculptures, d'objets, peuplé de références et d'auto-références, je me demandais ce que pourrait bien en penser un adolescent du XXIe siècle. Sûrement rien. Nulle doute que ce film évoque un monde aujourd'hui quasiment mort et enterré.

 

 

 

Jean Rollin sent qu'il s'engage dans la dernière étape de sa vie. Sachant pertinemment qu'à sa mort, peu de gens se battront pour défendre sa mémoire et son œuvre, il a décidé de nous livrer son "film-testament" afin de nous expliquer de quelle manière il aimerait qu'on se souvienne de lui.

LA NUIT DES HORLOGES est le film d'un homme qui vît déjà au milieu des fantômes. Une traversée de l'univers mental et diégétique de son auteur. Au début du film, le personnage interprété par Ovidie rencontre un spectre qui l'invite à partir sur les traces de Michel Jean, son oncle cinéaste et écrivain récemment décédé. Sur son chemin, elle va visiter une série de lieux et faire un tas de rencontres avec des fantômes, des êtres de fiction errants depuis la mort de leur créateur, et même de vrais êtres vivants. Ce qui permet à Jean Rollin de convoquer une dernière fois tous les membres de son panthéon personnel, ses acteurs fétiches (seul manque Brigitte Lahaie, ce qui reste quand même très problématique) et ses plus belles créations fictionnelles.

 

 

 

Jean Rollin, de son vrai nom "Jean Michel Rollin Le Gentil" parle donc de lui au passé. LA NUIT DES HORLOGES est un discours de Jean Rollin vivant sur le Jean Rollin mort. Un hommage qu'il se rend à lui-même, mais sans pour autant verser dans un narcissisme vain. Bien au contraire, Jean Rollin tente d'expliquer à travers ce film pourquoi un auteur n'est jamais que la somme de toutes ses fictions. Qu'il est à la fois le créateur et ses créations.

Au fond, c'est un vieux principe théologique que Jean Rollin ré-importe dans son propre univers diégétique. Ce genre de réflexions et ce type de mise en abime, qu'on retrouve volontier dans la littérature, se fait plutôt rare au cinéma. D'où cette impression tout au long du film d'être, non seulement dans un environnement esthétique singulier, mais également au cœur d'un discours-dispositif quasi inusité.

 

 

 

Le résultat est pour le moins déconcertant, impalpable et franchement intemporel. Tour à tour émouvant, insolite, philosophique, funeste, énigmatique, codifié, LA NUIT DES HORLOGES est un objet qui ne se laisse pas facilement saisir ("toutes les vraies énigmes sont insolubles" nous dit la veuve), même pour les fans les plus ardus du maestro. Autant dire que le newbie qui n'a jamais vu un seul film de Jean Rollin ferait mieux de retourner étudier la filmographie du bonhomme avant de s'attaquer à cette montagne Russe.

D'ailleurs, le film ne fait aucun effort pour les séduire, même si le point de vue sur le film est celui d'Ovidie, le seul personnage étranger à l'univers de Rollin, esprit vierge cherchant constamment quelque chose auquel se raccrocher dans ce grenier poussiéreux rempli de souvenirs et de spectres.

 

 

 

Paradoxalement, LA NUIT DES HORLOGES est un "pur Rollin" en même temps qu'il démontre une étonnante capacité à se renouveler. Jusque dans son approche de l'image numérique, souvent belle et soignée. Ce dernier "baroud d'honneur" semble l'avoir stimulé. En effet, si le syle Rollin est toujours là (et bien là : cadres fixes, diction assez particulière des acteurs, montage image et son parfois approximatif), LA NUIT DES HORLOGES ne ressemble qu'à lui-même tant sa volonté d'être un "film somme", touchant et respectueux de son public lui donne un cachet quasiment inédit. Malgré ses défauts (certaines scènes vraiment too-much, vraiment mal fichues et franchement ridicules), le dernier Rollin est probablement le meilleur film de sa période "contemporaine". Maintenant, sans doutes faut-il le découvrir seul, loin des rires nerveux que son style déclenche systématiquement dans les salles obscures. Car pour peu qu'on aime le ton si solennel, si sérieux des films de Rollin, pour peu qu'on apprécie la poésie désuète de ses images et de ses mots, pour peu qu'on aime se laisser prendre au jeu, mieux vaut ne pas se mêler aux petits rigolos venus rire de ce cinéma d'un autre monde.

 

 

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Effectivement le film est super hermétique pour qui n'a pas une culture rollinesque.

Reste de belles images, une bonne beo (quand elle se donne la peine d'être présente) et un film carrément atypique.

Je me suis pas ennuyé, c'est bon signe, c'est quand même destinée a un public très avertis

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Effectivement le film est super hermétique pour qui n'a pas une culture rollinesque.

Reste de belles images, une bonne beo (quand elle se donne la peine d'être présente) et un film carrément atypique.

Je me suis pas ennuyé, c'est bon signe, c'est quand même destinée a un public très avertis

A mon avis, va falloir placer des vigils à chaque rangée pour empécher les spectateurs dericnner comme descons !

 

Sans compter ceux qui se seront déplacé uniquement pour voir Ovidie !

 

Enfin bon, moi, en tout cas, j'ai hate de le voir !

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Anachronique. Le dernier film de Jean Rollin est une expérience sauvagement anachronique. Un "entre monde" totalement coupé du temps. Ou alors figé dans une toute autre époque (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitreuuuh).

En voyant ce film, rempli de livres, de peintures, de sculptures, d'objets, peuplé de références et d'auto-références, je me demandais ce que pourrait bien en penser un adolescent du XXIe siècle. Sûrement rien. Nulle doute que ce film évoque un monde aujourd'hui quasiment mort et enterré.

 

A mon avis, va falloir placer des vigils à chaque rangée pour empécher les spectateurs dericnner comme descons !

 

oui,heureusement que le film n'a pas été présenté en clôture de Gérardmer hein!

 

y a une date de sortie (ciné? ) prévue pour ce Rollin??

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y a une date de sortie (ciné? ) prévue pour ce Rollin??

 

il n'est meme pas listé sur allociné !

 

Allocine est très loin d'une antre de fiabilité sur cela. Ils sont uniquement alimentés par les distributeurs & leurs informations principalement à vocation de communication.

Il y a une prévision de sortie sur fin 2008, d'après ce que je sais, mais aucune date précise. ce sera plus une sortie à la Fiancée de Dracula, c'est à dire très limitée et ciblée. Vraisemblablement pas sur les grands circuits, en tous cas.

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  • 4 months later...
  • 1 year later...
  • 9 months later...

Quel bric à brac ! Bon je n'y connais rien en Rollin, j'ai juste vu la Fiancé de Dracula (tant bien que mal)et un peu les Frissons du Vampire. La Nuit des Horloges n'est visiblement pas son plus accessible. Mais j'ai été sensible à la nostalgie de l'ensemble et l'idée de l'horloge qui fait voyager est assez belle.

 

Reste que Rollin a , à mon humble sens, deux problèmes : il écrit des dialogues qui sont beaux sur le papier, mais inrécitables à l'oral, et ses acteurs sont souvent mauvais, Ovidie en tête -même si elle fait ce qu'elle peut-. La Nuit des Horloges n'y échappe pas.

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  • 10 months later...
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