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Messiah of Evil - Willam Huyck - 1973


Jeremie
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Soirée bis part 2 donc : Arcana était franchement mal passé, je voyais le Cyril se tirer blaser, la salle se vider (sans doute dans le même esprit ), mais d'un autre côté j'avais choisi clairement de voir Messiah of Evil sur grand écran plutôt qu'en dvd...déjà que j'avais décliné l'invitation à le découvrir en copie dvd moisie, recadrage à l'appui...

Et pas déçu du tout de mon choix parce que :

 

 

Alors bon déjà fallait me remettre du fait que je découvrais un bonne vieille série b 70's sur grand écran (eh oui ), et qui en plus ai jamais projetée publiquement en France. Découverte...

 

Intro démente, l'horreur extatique : un homme haletant s'écroule devant un portail, que lui ouvre une nymphette assez vilaine mais visiblement accueillante. Grand jardin colorée, éclairage à la Bava, silence de mort ; l'homme se repose devant la fillette qui lui caresse le visage...avant de l'égorger sauvagement d'un coup de rasoir. Générique puis voix off d'une femme démente qu'on voit errer dans un couloir sans fin : ça va pas rigoler...

A la recherche de son père disparue, une jeune femme se rend à Point Dune, une ville côtière paumée et visiblement pas très habitée. Un touriste friand de légendes rurales et un pochtron lui apprennent alors l'existence d'une mystérieuse histoire de lune rouge et de secte cannibale qui hanterait le coin.

 

Impressionnant c'est bien le mot...il est curieux de constater comme Carnival of Souls a influencé d'autres films qui subiront le même sort que lui, condamnés à errer dans les limbes que les films eux-mêmes mettaient en scène : Let's Scared Jessica To Death par exemple, autre dérive onirique et spectrale, qui connu une destinée bien triste. On retrouve aussi bien dans Let's Scared que dans Messiah, le même malaise indicible, la même soif de filmer la terreur, les mêmes envolées d'angoisses, le même calme mortel, et cette proportion unique à filmer "l'inquiétante étrangeté" : toutes ces images, ces sons, ces ambiances qui vous rappellent un moment vécu ou non, perdu quelque part dans votre inconscient. On ne comprends pas, on se contente de ressentir...et on frissonne.

 

Une camionnette conduite par un freak albinos qui diffuse du Wagner avant de s'enfoncer dans la nuit, une maison au bord de la mer dont l'intérieur est tapissée de visages blafards et où l'on semble entendre continuellement le vent, un cinéma qui s'éteint, une lune rouge, un cri dans la nuit...

C'est simple, tout le monde est venu bouffer chez Huyck : l'inquiétude des espaces vides et des enseignes nocturnes (Carpenter, Argento), des zombies lâchés dans un supermarché (le Zombie de Romero), des larmes de sang (le Frayeurs de Fulci, qui reprenait également le même cadre), un meurtre en pleine salles obscures (Scream 2), ses âmes égarées qui vous jettent des regards fous et ces petits détails grotesques qui font tout (David Lynch) ...et je racontes même pas tout ce que L'antre de la folie a repiqué Après bon, copieur ou pas, on s'en branle, mais les similitudes sont frappantes...

 

 

 

Et dire qu'à l'époque Gans avait trouvé ça "complétement raté" esperons que ce soir là (car il y était le bougre !!), il a revu son jugement avec sagesse.

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Et dire qu'à l'époque Gans avait trouvé ça "complétement raté" esperons que ce soir là (car il y était le bougre !!), il a revu son jugement avec sagesse.

 

oui enfin Gans quand il dit aussi que "l'impasse" de De Palma c'est le "degré zéro absolu du cinéma"...

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Un vrai chef d'oeuvre celui-là. Coup d'essai coup de maître pour Huyck. Non parce-que le reste de sa filmo...

 

J'ai toujours mon zone 1 recadré tout pourri. J'ignorai que c'était sorti chez Artus. Il me le faut, evidemment...

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  • 2 years later...

Pur OFNI que je m'étais interdit de voir jusqu'alors - because la VHS française pourrie dégueu était la seule copie que je possédais jusqu'alors.... Je reste sans voix, ne sachant trop quoi penser tant le style narratif est décousu et pourtant jamais confus, cela participe à l'ambiance feutrée aux limites du surréalisme qu'appuient des images et des décors totalement fascinants. Etrange, imparfait, séduisant, perturbant, mais surtout définitivement différent car je ne peux rien citer de comparable - même pas les films mentionnés par Jeremie puisque si ceux-ci se sont peut-être inspirés de "Messiah of Evil", ce n'est qu'en partie.

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