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Scum - Alan Clarke (1979)


Florent
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Allocine

Adolescent violent, Carlin arrive dans une maison de redressement où il doit subir les provocations de ses codétenus et les humiliations des gardiens.

 

Un film âpre, violent, rugueux. En faite, vous pouvez prendre tous les adjectifs et les champs lexicaux de la dureté et le film peut largement les endossés sans difficultés.

 

Scum est une œuvre claustrophobique, pas seulement par le fait que l’action du film se déroule intégralement dans un univers carcéral, mais émotionnel.

 

Seul la douleur est présente dans le film. Tous les sentiments sont annihilés, réduit à la plus simple expression, celle des mots couchés sur le papier d’un courrier, bien entendu censuré.

 

Les détenus ne sont que des chiffres qui s’additionnent ou se soustraient, dans un univers froid et clinique. Le manque d’émotions est établi par une hiérarchie qui se veut ferme. A toute épreuve et en toute circonstance : bagarre, règlement de compte, viol, rien ne trouble les matons ou la direction. Même pas le suicide d’un jeune garçon, violé dans la journée, sous les yeux d’un responsable du centre.

 

Le film de Clarke n’offre jamais de « prise » pour que le spectateur s’attache à un des personnages. A l’exception du végétarien qui marche nu pied, tous les personnages sont soit trop faible pour (ré)agir, soit des brutes qui veulent dominer ce petit univers.

 

Le film commence par l’arrivée de Carlin, qui rentre dans ce nouveau centre après avoir frappé un gardien. En toute logique celui-ci, sorte de Dawson par son apparence, fait figure de (anti)héros de l’histoire. Mais Clarke n’offre rien d’autre que des vies accidentées qui rentrent en collision.

Alors que le spectateur aurait pu croire en ce personnage, en cette figure de révolté, comme un moyen pour faire changer la vie au quotidien. La réalité est bien plus terre à terre puisque Carlin redistribue simplement les cartes de la hiérarchie au sein de ses codétenus.

 

La fin du film est à l’image de l’œuvre, brève et sèche. Le spectateur, à peine remis d’avoir vécue un bloc de vie aussi violent que peut l’être un de ces centres de redressement.

 

Scum est une grosse éjac’ faciale remplie de haine que se prend le spectateur, médusé, hagard par tant de violence et d’inhumanité. Un film no future, sans fioriture, sans musique et sans vie.

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  • 1 year later...

Vu ce soir, en salles s'il vous plait !

 

Bon, que dire, je suis qd meme un peu déçu par rapport à toutes les louanges que j'en entends depuis des années. Oui, bien sur, c'est fort. On a un univers sec, brutal, aride, profondement pessimiste et une vision sans concession de tout cet univers. Certaines scènes sont vraiment fortes et en remettant le film ds son contexte (30 ans déjà !) ça calme encore plus ! Reste qu'à coté de ça, je sais pas, je suis un peu passé à coté. Le fait de s'attacher à personne y a peut-être joué, pt etre que j'ai été déboussolé, que je m'attendais à autre chose, je sais pas... Je trouve le tout un peu trop froid justement. Je sais bien que c'est voulu, mais ça a limité l'impact sur moi en tout cas. J'ai suivi tout ça avec une certaine distance du début à la fin, et même les scènes les plus crues n'ont finalement pas eu tellement d'effet sur moi en fait. Je sais pas, je retenterai pt etre d'ici qques années, mais là je suis un peu passé à coté malgré les qualités evidentes du film.

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  • 6 years later...

C'est la 1ère ou 2nd fois que j'emploie ce smiley

Une grande baffe ce film. Je m'étais fait une fausse idée de Clarke avec le trop sage Made in Britain. La baffe de Scum fut d'autant plus grande. Je comprends que la BBC ai refusé de diffuser ce téléfilm.

J'adore Bad boys avec Sean Penn sur le même sujet. Le film de Rosenthal emprunte énormément à la bombe de Clarke. Les scènes crues m'ont vraiment heurté alors que je suis loin d'être une âme sensible au cinéma. Contrairement à ce que j'ai lu plus haut, je me suis attaché aux personnages. Carlin ne cherche qu'à purger sa peine tranquillement mais qui devient Caïd plus par obligation et instinct de survie que par ambition. Quant au détenu le plus faible, son sort m'a bouleversé. J'imagine que les matons d'Angleterre ne doivent pas porter Clarke dans leur coeur vu le portrait détestable qu'il fait d'eux.

 

Ps: je l'ai découvert en version ciné plus longue que la version bbc et prduite par ...... Martin Campbell

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Je crois que ça fait parti des (très) rares films que je trouve stupéfiant mais que j'ai vraiment du mal à revoir tant certaines scènes sont dures

le viol ou la scène de suicide

. Et putain c'est tellement sans espoir. Mais un petit chef d'oeuvre, c'est certain.

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