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Espion(s) (Nicolas Saada,2009)


Woermann
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Interview made in culturopoing:

 

http://culturopoing.com/Cinema/Espion+s-1635

 

"Il y a un truc qui me frappe en France aujourd’hui, c’est que quand on dit cinéma de genre, il faut comprendre soit, films pas très bien financés ou ultra gore, où le tour de force consiste à arracher l’œil d’un mec avec une épingle à nourrice, pour le manger ensuite aux petits oignons dans un chalet abandonné dans la Saône. Ou bien on est dans une espèce de truc rutilant, post-Henri Verneuil, où les commissariats font mille mètres carrés, où il y a des écrans plats dans chaque appartement, où tout le monde se balade en Volvo dernier modèle, et là, on est dans un ridicule un peu Conforama du genre."

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Heureusement Nicoals Saada est arrivé avec un film de genre intelligent qui va élever le niveau en empruntant tout autant à Melville qu'à Clouzot.

 

PS: plus sérieusement, les déclarations des "nouveaux" réalisateurs français se résument trop souvent à aux même phrases: "j'ai pas voulu faire un vulgaire film d'action" "dans mes films ce sont les personnages qui priment sur le suspens et la tension". "j'ai choisis une musique discrète de peur qu'elle n'écrase le film".

A croire que faire plaisir au public s'est se rabaisser à faire du michael bay. Dès fois je me dit que si un nouveau réal français de la trempe d'Hitchcock surgissait, il serait immédiatement cataloguécomme "vendu" ou comme sou Besson.

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  • 6 months later...

Quelle merde

 

Je partais vraiment sans aucun à priori, curieux de voir le truc, j'aime bien Canet, j'ai beaucoup de respect pour Saada dont je suivais les émissions sur la zike de film y'a une éternité sur Nova (ça nous rajeunit pas), mais c'est vraiment pas possible, même en étant magnanime...

 

Ca tient pas debout, c'est laborieux, c'est cheap, c'est ridicule, complètement archaïque, on dirait un épisode de Maigret niveau crédibilité et tension, y'a aucun suspense, les acteurs sont en roue libre totale, y'a aucun enjeu, c'est un complot terroriste et on dirait que ça parle d'un vol a l'étalage tellement c'est mou et plat. Ca ne tient pas debout une seconde, le héros est un connard fini totalement antipathique que le réal essaie de faire moderne à l'américaine (ni blanc ni noir personnage compliqué tu vois) sauf qu'il est imbuvable et que t'as limite envie qu'il se fasse rôtir l'oignon par un gang de hooligans...

 

Et puis surtout y'a pas de pognon et ça se voit (le chef des SFX est le même que celui le Nu Image), et à force de vouloir faire "low key", minimaliste, près du corps, intense, psychologique (bla bla bla) en fait le film n'a absolument aucun éclat, ça vit pas, c'est plat... Tout ça, tous ces (bons) acteurs, la zike de Cliff Martinez, pour un épisode de Médecins de Nuit avec une poursuite dans le métro et une explosion de bagnole bidon en images de synthèse dans un parking... J'ai vu des téléfilms catastrophes US plus crédibles et mieux branlés que ce truc...

 

J'ai pas vu Secret Défense mais je suis sûr que même en tant que pur produit calibré ça tient 10x plus la route que ce machin écrit par un gosse de douze ans (sérieux la scène du mot de passe dans le bureau du mari j'ai cru halluciner ) qui me ferait presque réévaluer Agents Secrets tellement c'est pas bon...

 

Une catastrophe

 

Et la presse a bien noté ce "machin", je suis peut-être encore sous le choc mais je suis incapable de comprendre comment on peut objectivement trouver des qualités rédemptrices à ce film, sorti du jeu plutôt bon des deux acteurs principaux

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  • 3 weeks later...
y'a aucun enjeu, c'est un complot terroriste et on dirait que ça parle d'un vol a l'étalage tellement c'est mou et plat.

Je crois que tu as tout résumé dans cette phrase.

C'est quoi que ce film ? Un film "de genre" ? Un film d'auteur ? Un thriller ? Un film d'espionnage ? Un film policier ? A force de vouloir être un peu tout ça (ou d'être un peu tout ça, peut-être malgré lui), le film ressemble à un gros téléfilm avec une certaine patine "cinéma moderne" (les cadrages, la zique, les ellipses, le choix des décors). Au final, on se demande vraiment ce que Saada a voulu raconter... A l'image de ce plan final

ces 2 personnages qui se regardent plantés l'un devant l'autre comme deux conx

, on reste sur le cul devant tant d'inanité.

Y'a de très solides idées de mises en scène, mais... pour raconter quoi ?

 

A la rigueur, ça m'a rappellé "Boarding Gate" d'Assayas, mais en moins bien (déjà que BG plongeait son spectateur dans un état proche du coma). Ouais, y'a un côté Assayas junior dans ce film, Assayas sans le sou, sans les pics d'inspiration.

 

Étrange ces films de critiques, de cinéphiles, qui devraient être gavés de sources d'inspiration super visibles mais qui sont au final des films neutres, comme tournés à la chaine par des cinéastes-auteurs sans noms et sans identité.

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Ce qui me fout le plus en rogne en fait c'est que c'est l'oeuvre d'un passionné de cinéma, sans doute érudit, et qu'il ose t'écrire un scénario d'une telle platitude et surtout aussi grotesquement peu crédible, comme s'il n'avait vu aucun film de genre depuis trente ans.

 

C'est aussi gonflant cette propension qu'a parfois le cinéma français à se jeter des fleurs et s'auto-congratuler pour avoir réussi - wow, bravo, on est des champions - à faire en 2009 ce que proposaient le cinéma US ou même la télévision anglaise il y a 20 ans.

 

Je me remettrai jamais de cette scène du mot de passe

 

Et je précise ça n'est pas du french bashing de bas étage ou de l'idolâtrie béate de tout ce qui est anglo saxon (ils font aussi une tonne de merde ) mais pour le coup Espion(s) se fait rosser par la moindre série ou téléfilm british sur l'espionnage ou sujet approchant. State of Play est dix fois plus couillu, tendu, stressant, intéressant, crédible et documenté que cette merde prétentieuse... Tu mates Warriors et tous les trucs guerriers récents - même US - prennent une gifle. Et nous on fait quoi ? Du docu colorisé sur fond de Kenji Kawai ? Woaaaahhhh...

Edited by Guest
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C'est aussi gonflant cette propension qu'a parfois le cinéma français à se jeter des fleurs et s'auto-congratuler pour avoir réussi - wow, bravo, on est des champions - à faire en 2009 ce que proposaient le cinéma US ou même la télévision anglaise il y a 20 ans.

J'ai plutôt la sensation que c'est assez unique ce que propose le cinéma français de ce point de vue : Des films "de genre" mais qui n'assument pas tous ce qu'il y a de populaire qui vont avec le genre, qui cherchent sans arrêt une sorte de patine auteurisante, avec des mecs qui jactent trop, ou des mecs qui jactent pas.

 

Là où un film anglais, américain ou asiatique aurait recherché l'efficacité, peut-être à travers une recherche plastique (je pense à Time and Tide ou les Bourne qui arrivent à parfaitement concilier les deux), les films d'espionnage français sont des successions de scènes sans arrêt désamorcées (comme si réussir une bonne scène d'action ou un bon suspens était quelque chose de sale). Toujours cette retenue, cette peur d'être pris pour un "vrai" film de genre, comme s'il s'agissait de faire des films avant tout pour les journalistes des Cahiers ou de Positif avant le public (j'ai aucun mépris pour ces mags ou leur démarche intellectuelle, je lis ces magazines, hein, je tenait tout de même à le signaler).

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