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Sheitan - Kim Chapiron (2006)


Cyril
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Je joue pas au plus malin, j'ai jamais dit que je voulais défendre Chapiron

En tout cas, tout ce que je peux dire, c'est que j'ai de l'estime pour ce gars en fait. Il est passé des délires potaches pour ados-attardés (donc moi mais bon) à un cinéma plus mature, même si pas encore hyper-personnel. Dog Pound, évidemment. C'est un remake du Scum d'Alan Clarke, mais quand on voit le résultat, c'est vraiment super bien foutu, et ca révèle principalement d'autres facettes de l'artiste. Il le dit lui-même, il est père, il a grandit. J'espère que son cinéma poursuivra dans cette veine de films sur l'adolescence mais accompagnés d'un point de vue adulte et d'une même sensibilité.

 

Alors le dénigrer (je sais très bien que tu ne veux pas le fusiller en place publique, et ce que tu dis est pertinent), c'est un peu injuste. Kim Chapiron est un cinéaste. Tout le contraire du gars qu'a sucé pour faire La Croisière ou des attardés d'Arthur et sa bande, qui méprisent constamment leur public tout en s'auto-sucant.

 

En fait, j'ai pas utilisé le bon smiley

 

edit: je trouve quand même ca un peu trop vulgarisant. Je te comprends, mais dans ce cas-là, t'enlève beaucoup de cinéastes qui ont fait des films importants, genre Kassovitz. Et ca revient à dire que Costner aurait du être Indien, Sean Penn un mec qui vit dans la forêt en bouffant des chenilles, etc etc etc.

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Ce n'est déjà pas spécifiquement français (Hyams, Bunuel, Fukasaku... des fils de qui font des films, t'en trouvera partout dans le monde).

Et je ne comprends pas pourquoi un type qui baigne dans un univers depuis tout petit devrait forcément s'en éloigner pour éviter d'être jugé, ou devrait s'excuser de passer, certes un peu plus facilement que les autres, à la réa.... Désolé, mais je ne demande pas un pédigrée avant de rentrer dans une salle.

 

Quand à l'ouvrier, l'éboueur ou le poète des rues, celui qui veut faire un film a aujourd'hui toute possibilité de faire un court sans moyen, juste avec de la volonté et de la débrouille.

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je trouve quand même ca un peu trop vulgarisant. Je te comprends, mais dans ce cas-là, t'enlève beaucoup de cinéastes qui ont fait des films importants, genre Kassovitz.

Euhhh... Il a fait quelque chose d'important Kassovitz ?

 

Et ca revient à dire que Costner aurait du être Indien, Sean Penn un mec qui vit dans la forêt en bouffant des chenilles, etc etc etc.

C'est EXACTEMENT ce que je dis.

Combien d'indiens ont fait des films important sur le génocide Indien ? Aucun.

Un équivalent du SHOAH de Lanzmann sur le génocide Indien ? Rien.

 

C'est bien qu'il y ait des blancs concernés par le problème, mais au fond leur point de vue ne m'intéresse pas. Un Indien qui a vécu avec ça de génération en génération aura toujours plus de choses pertinentes à dire sur le sujet qu'un blanc qui parle de ça d'une manière théorique.

 

Quand à l'ouvrier, l'éboueur ou le poète des rues, celui qui veut faire un film a aujourd'hui toute possibilité de faire un court sans moyen, juste avec de la volonté et de la débrouille.

Oh oui, il a le pouvoir de faire un film de rien qui sera vu par 300 personnes en festival si vraiment il a BEAUCOUP de chance.

Tu sais très bien que cette histoire de Technologie = égalité des chances de faire du cinéma c'est de la poudre aux yeux, tant que tu n'as pas de ton côté les moyens de diffuser ton film.

 

Je ne te parle pas de faire un film pour le plaisir de faire un film, de jouer les cinéastes du dimanche, je te parle de s'arracher de sa condition, je te parle de la possibilité de percer dans l'industrie cinématographique et de faire passer quelque chose, d'arracher ce médium des mains des bourgeois qui produisent un cinéma qui véhicule leur idéologie, à un tel point que désormais, même les classes les plus pauvres ont désormais des rêves de classes dominantes.

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Non mais...euh...Kassovitz a servi le cinéma francais qu'on le veuille ou non. C'était un des jeunes loups qui, qu'on le veuille ou non, malgré les clichés qu'il prolifère parfois/souvent, voulait imposer son point de vue, sur un art et sur ce qui l'entoure.

C'est très limite je trouve ce genre de discours.

Le cinéma, c'est de la fiction.

C'est se mettre dans la peau une tâche, quelque chose, pour un besoin artistique.

Le mec qui s'est fait sodomiser en taule n'a pas forcément le don pour rendre ca sur l'écran et dénoncer l'injustice ou pointer du doigt la noirceur du monde. Jacques Audiard, si.

Autant que je sache, Jacques Audiard n'a tué personne et ne s'est pas fait violé dans des tournantes en taule.

Quand à Costner, malgré l'aspect tout public à et à l'eau de rose de son film, ce dernier était nécessaire.

Parfois, il faut quelque chose de très populaire pour encourager la prise de conscience. Oui oui oui, Hollywood c'est le Diable. Ce qui rapporte est merdique. Et oui, qu'est qu'il a à causer des camps de concentration, ce balourd de Spielberg, a ce que je sache, il a jamais été gazé, alors qu'il se mêle de ses affaires le bougre !

Bref: un petit film indien obscur sur les massacres d'Indiens aurait été tourné, donc.

Aurait il eu autant de succès qu'une grosse machine américaine ?

En aurait-on parlé ? Tu crois ?

Mais dans ce cas-là, la grosse machine a remporté un succès surprenant. Même le gros beauf l'a vu ce film. Et, ca peut encourager un moment de réflexion.

Ce qui est e-ssen-tiel.

Si de grosses stars qu'on écoute, réals et co, ne se mouillaient pas là dedans, on aurait que des films que personne ne verrait.

Et personne ne réfléchirait.

Parce qu'en soi, c'est plus chaud de chopper un doc fait par d'anciens résistants qu'un film de Spielberg.

Un film, c'est de l'Art.

Certains savent en faire.

D'autres, non.

Le vécu ne fait pas tout.

 

Voilà où je voulais en venir

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Parfois, il faut quelque chose de très populaire pour encourager la prise de conscience. Oui oui oui, Hollywood c'est le Diable. Ce qui rapporte est merdique. Et oui, qu'est qu'il a à causer des camps de concentration, ce balourd de Spielberg, a ce que je sache, il a jamais été gazé

Spielberg se mêle de ses affaires en tournant La Liste de Schindler, il est juif.

Lanzmann aussi, la plupart des gens qui ont réalisés des films sur le sujet sont des juifs. Et je trouve ça très bien. Ça ne veux pas dire qu'un non-juif n'a pas le droit de parler du génocide juif, mais si pour toi (et pour moi aussi, je te rassure) le cinéma c'est de l'art, c'est aussi une pensée en image, une expérience transmise par l'art, et cette expérience est pour moi primordiale si tu veux taper juste.

 

Je ne me verrais par exemple jamais faire un film sur ce que c'est d'être né dans une famille juive, et d'avoir eu des grands parents rescapés des camps, car je n'ai pas vécu ça. Moi je suis ouvrier, fils d'ouvrier, je pourrais juste raconter ce que c'est d'avoir vécu une adolescence moyenne dans une ville moyenne avec comme modèle mon père qui allait s'esquinter le dos à trimer 8 heures par jour dans un atelier merdique.

Au mieux je pourrais parler de ma vie de RMISTE, ou d'ouvrier jetable. Oui, si je devais faire des films, de vrais films, des films qui transmettent VRAIMENT quelque chose de mon vécu, j'aurais probablement une fenêtre d'expression très limitée. Mais ceux qui prétendent pouvoir rendre n'importe quelle expérience à travers la représentation sont des escrocs. Ou des génies. Mais le plus souvent des escrocs.

Alors oui, il y a le pouvoir de l'imagination, de la représentation, mais sans le vécu, c'est comme une coquille creuse.

 

Après, oui, ÉVIDEMMENT, il faut avoir LE DISCOURS + LE SAVOIR FAIRE. Je te parle pas de donner des caméras et de l'argent à des gars qui sortent de l'usine pour qu'ils pondent directement un chef d'œuvre sur leur condition, je ne suis ni naïf ni idiot, je me demande juste pourquoi le système français (et je parle uniquement du système français, je ne prétends connaitre les rouages de production des autres pays) laisse si peu de liberté de produire un film aux enfants d'ouvriers et aux enfants d'immigrés. Je me demande juste pourquoi les films faits sur la banlieue ou sur les déclassés sont toujours réalisés par des gens qui en parlent par procuration.

 

Je ne suis pas contre qu'un Kasso tourne LA HAINE, bien au contraire, le problème c'est que sur le sujet, il n'y a guère eu que ce film de tourné (enfin, si on excepte les films de Richet et peut-être une poignée d'autres). Du coups il devient la référence. Seulement, LA HAINE devrait exister au milieu de dizaines d'autres films réalisés sur le même sujet réalisés par des gens qui ont vécus ça dans leur chair, et à qui on a laissé les moyens de faire leur film. Sinon quoi ?

 

Bien sûr, un enfant d'ouvrier ou d'immigré peux très bien faire la FEMIS, ou une autre école de cinéma (on nous rabat assez les oreilles sur cette pseudo égalité des chances à travers les études), j'en connais, mais après ça, quelle est leur véritable chance de produire librement un film qui parle de leur expérience ? Qui transmet quelque chose sur leur vécu.

Quasiment aucune.

 

J'attends rien de Morsaï, Morsaï fait des films comme il fait du rap, avec précipitation et sans talent. En revanche je suis content de voir un gars comme Hamé, de La Rumeur, avoir les moyens de se payer une année sabbatique pour faire une école de cinéma à NY après 15 ans de lutte acharnée pour sortir de sa condition. Puis réaliser un téléfilm pour Canal +. En espérant qu'il puisse par la suite réaliser de vrais films de cinéma (en espérant qu'il ait autant de talent pour ça que de résolution).

 

Mais pour un Hamé, combien de fils de rien restent sur le carreau après avoir fait les mêmes études que des fils de ou des gars mieux nés ?

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  • 5 months later...

je viens de me taper (en diagonale, faut pas pousser non plus) les 21 pages de ce thread et il faut savoir qu'elles ne contiennent pas plus de 6 ou 7 avis sur le film, le reste étant essentiellement dédié à débattre autour du paragraphe de compte-rendu de SWS sur la projo de Gérardmerde

 

pour ma part je n'étais pas en france au moment de sa sortie et j'ignorais tout de la promo tapageuse et des éventuels débats qu'il avait pu engendrer.

comme beaucoup de monde ici (enfin les 6 ou 7 avis ), l'ouverture avec les gros mouloud en t-shirt kourtrajmé qui mixe du TTC sur un vinyle étiqueté "Sheitan" m'a fait froid dans le dos. et puis rapidement le film installe son rythme de croisière, fait de rebondissements, changements abrupts de ton, digressions et coq-à-l'âne. tout peut se renverser d'une scène à l'autre, on se laisse surprendre et on se plait à suivre ce petit groupe de merdeux en route vers une mort certaine au milieu des dégénérés.

la 2e frayeur vient de l'entrée en scène de cassel, mais finalement on se rend compte que, pour une fois, il joue un personnage assez différent de son sempiternel répertoire et c'est pas désagréable.

ça ne se prend jamais vraiment au sérieux, ça ne choisit jamais son genre, ça papillonne entre différentes influences et c'est ce qui en fait un ovni bancal mais unique et surtout franchement loin d'être simplement "nul" ou "drôle au second degré" (même si le personnage d'Eve est un gros point faible du scénario)

message social ? je crois que chapiron s'en contrefout, sa thématique de prédilection (comme mentionné dans un bout d'interview perdu quelque part entre les pages 2 et 17 ) c'est le désir et la frustration. tout le monde drague, allume, caresse, tripote et léchouille son voisin, mais l'acte est systématiquement interrompu.

hétéro, homo, trio, gogo, inceste, viol, zoo, coussin du canapé... tout y passe, rien n'aboutit. ça donne vraiment une atmosphère étrange.

 

en fait je crois que j'ai bien aimé et que je vais me taper l'autre long-métrage de chapiron

 

sinon c'était marrant de voir que la mère bekhti, la nouvelle coqueluche du cinéma français qu'on voit partout, a commencé dans ce truc.

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  • 9 months later...

Passé complètement à côté de l'orage, notamment à Gerardmer où le film avait engendré des discussions à n'en plus finir parmi les Zonebissiens, je viens de rattraper mon absence à cette séance houleuse.

 

Entre temps, Chapiron est venu présenté DOG POUND au NIFFF et j'ai eu du mal à associer le bordélique SHEITAN, parfois sympa, parfois un peu longuet, souvent surprenant tant on ne sait pas trop où on va, avec cet aimable Kim comme l'auteur de ce film. Par contre beaucoup de plaisir à voir - et à écouter - Cassel faire le pitre.

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