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Bedevilled - Jang Cheol-so - 2010


kevo42
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Peut-être ce que j'ai vu de mieux au NIFFF également.

Un film fort qui fait mal.

Le truc que j'ai pas compris, c'est que certains spectateurs du NIFFF se bidonnaient comme comme des baleines pendant les dernières 30 minutes alors que moi j'étais au bord de verser une larme.

Pas compris....

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Et ben c'était bien, voire très bien, voire limite claquage de beignet. En fait, pendant le film, des petits trucs m'ont empêché de ressentir la gifle, mais en sortant, j'étais pas fier quand même.

 

Le film est intéressant par les thèmes qu'il aborde et sur sa construction, avec une narratrice qui refuse de voir ce qui se passe, qui refuse d'agir, qui toute sa vie a fuit, et arrive à un moment où elle ne le peut plus et où elle doit se confronter à ce qui a, sinon détruit sa vie, au moins laissé des traces. Très intéressant aussi de voir que la véritable héroïne du film n'est pas la narratrice mais son amie d'enfance, celle qui n'est pas partie de l'île aux monstres, et dont la vie, elle, a été radicalement détruite. Sa façon de réagir aux malheurs qui l'ont accablée toute sa vie est à la hauteur de ce qu'elle a subi, et effectivement ça n'a rien de drôle.

 

Esthétiquement le film est superbe, et contrairement à Poetry, met bien les mains dans le cambouis au lieu de tout évoquer de façon plus ou moins détournée. C'est peut-être moins subtil, mais c'est sûrement plus efficace.

 

Alors pourquoi pas claquage de beignet ? Et bien, j'avoue que le passage du drame au slasher est un peu abrupt, et surtout la presque fin est un peu over the top

 

 

La meuf qui arrive façon terminator pour défoncer le flic à coup de marteau, c'est jouissif, mais je sais pas si c'est réaliste. Et surtout, la narration patine pas mal pour expliquer pourquoi la "tueuse" veut tuer son amie. Je pense qu'un bon dialogue de type tu n'as pas répondu à mes lettres, tu n'as pas réagi aurait été mieux que de montrer que la narratrice a vu l'accident qui a coûté la vie de la petite fille. Et puis la fin avec le meurtre à la flute : symboliquement, c'est fort, mais visuellement, c'est un peu maladroit. Disons que c'est très bis

.

 

La scène de toute fin, est très forte, et très mélancolique : le sentiment de gâchis est complètement palpable.

 

Maintenant, attention, rapprochement tiré par les cheveux, mais je peux pas m'empêcher :

 

Bedevilled m'a pas mal fait penser à une version trash de Kirikou et la sorcière. Ok, ça peut paraître bizarre comme ça, mais vous allez voir, c'est pas si fou :

 

 

Kirikou, c'est l'histoire d'une femme, Karaba, victime d'un viol collectif (des hommes lui ont planté une épine dans le dos, qui la fait souffrir, et qui a brisé sa vie : Michel Ocelot lui-même dans ses interviews dit que c'est pas du tout une interprétation exagérée). De même dans les deux cas, la violence qui lui a été faite est vécue dans le déni par le village, des femmes qui lui en veulent parce qu'elle est méchante, mais ne cherchent pas à comprendre pourquoi c'est arrivé. A force de malheur, Karaba est devenue une sorcière qui se venge sur le village.

Il y a deux différences entre Karaba et la paysanne tueuse de Bedevilled :

 

1 -Karaba ne commet pas l'irréparable : elle transforme les hommes en fétiche, tarit la source via un animal, mais c'est moins radical que de massacrer tout le monde à la cerpe (et en même temps le meurtre à la machette aurait été assez rude dans un film pour enfants)

2 - Surtout, il n'y a pas de Kirikou dans Bedevilled. Kirikou, c'est le gamin qui interroge, qui cherche à comprendre et va questionner les non-dits du village, les conneries des femmes et des vieux qui trouvent ça normal de bannir une femme pour sa différence au nom des coutumes,et va provoquer tout le monde pour finir par réconcilier les deux camps. Dans Bedevilled, la narratrice ne joue pas le rôle qui lui est imparti, et préfère se voiler la face : du coup, quand elle réagit enfin, il est trop tard.

 

 

 

Bref, Bedevilled est un film qui mériterait carrément de sortir au moins en dvd, un film très stimulant, et un des rares films vus cette année où je n'ai pas du tout pensé au temps passé dans la salle.

Edited by Guest
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  • 4 months later...

en fait, je suis revenu sur ma première (bonne) impression sur le film. A y réfléchir, c'est quand même un peu moyen.

 

http://www.devildead.com/indexfilm.php3?nocounta=999&FilmID=2184&langage=0

 

a noter que le film va s'appeler Blood Island et qu'il sort dans trois mois en DVD/Blu ray. Il avait donc toute sa place dans les inédits video

 

Jérémie parlait d'une version moins hard de Silip, mais je n'ai pas vu le Mondo macabro donc je sais pas....

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J'ai trouvé ça plutôt bien construit et écrit. Ca prend quand même beaucoup son temps, là on reconnait l'influence de Kim Ki-Duk, la tension monte doucement mais sûrement. C'est surtout le contraste entre les deux personnages féminins qui éclaire le film selon moi, car en ce qui concerne les "autochtones" ça manque un peu d'étoffe, on a l'impression qu'on a une dizaine de pantins qui sont simplement là pour pousser Bok-nam à bout. Mais bon je préfère toujours ça à un "The Loved Ones" sans queue ni tête.

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Je n'ai pas été soufflé plus que ça par le film (hormis les derniers plans) mais il faut croire qu'il me hante...très bon signe donc. Le film sortira directement en dvd le 3 Mai sous le titre de Blood Island N'IMPORTE QUOI !!

 

La critique de SWS et la mienne, hop :

http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=2184

 

http://www.horreur.com/critique-1955-blood-island.html

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  • 1 month later...
  • 5 weeks later...

Bon ben le film de festival parfait encore une fois. Perso je me suis bien emmerdé tout le long de ce pauvre drame. L'histoire est linéaire et dans la pure tradition asiatique. En foutre des tonnes. Alors notre rat des champs en prend plein la gueule. Mais alors plein la gueule. C'est la méga dose à l'asiatique. Tout le monde lui en veut à cette salope. Limite si elle ne se prend pas des merdes d'oiseaux dès qu'elle sort de chez elle.

Arrive notre rat des villes qui ne sert à rien sauf à donner un petit conteste sociale. Ben ouais quoi .. l'opposition ville/ploucland. Après on se demande ce qu'elle fout ici. On aurait pu croire qu'en tant que femme libéré par la grande ville elle allait prendre fait et cause pour l'autre pauvrette. Même pas.

 

Du déjà vu et même si les acteurs sont excellents, le final tant attendu et annoncé dans les quelques critiques s'avère bien décevant. Quelques meurtres sympathiques mais la plupart sont hors champs. Je cherche encore la violence.

Au final un film sans réels enjeux, plombés par des scènes dramatiques qui ne servent qu'à donner un cachet et à rien d'autre (les lettres de fin par exemple). Un sujet aussi froid aurait du être traité d'une manière moins maniérée. C'est bien dommage ...

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Je suis d'accord avec Steve, sauf en ce qui concerne son avis sur les ruraux, qui font plus que pousser Bok Nam à bout.

Ils représentent une logique de groupe, que l'auteur décrit ici dans le cadre d'une société traditionnelle, une structure pyramidale avec la vieille en haut, les étages en dessous qui moutonnent et profitent, le tout aux dépends d'une minorité (ici Bok Nam) servant d'exutoire aux pulsions destructrices de la société. Un type de mécanique dont on a tous été témoins - à un autre degré s'entend - dans le cadre du travail, ou de bandes d'amis.

 

Ceci dit, l'autre face de la pièce, la logique individualiste représentée par l'environnement urbain ne m'a pas semblé bénéficier d'un portrait plus flatteur. Voir la citadine en femme "libérée", c'est rater le regard que le réalisateur porte dessus.

 

C'est pas un film parfait, mais c'est solide, efficace, et pas stupide. Et les personnages ont une réelle existence, ce qui fait que la violence est effective.

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  • 2 months later...

Peut être le plus beau film Coréen que j'ai vu.

 

Belle photo, belle réalisation, acteur parfait, histoire qui touche autant qui fait mal.

 

Moi ce qui me marque c'est comment le film est empreint d'une nostalgie, le générique de fin m'a foutu le bourdon.

 

Voir ces petites filles "innocentes" alors qu'on sait par quoi l'une d'entre elle est passé cela m'a fait limite chialer.

 

Pendant plus d'heure, la pression monte, la perversité des images engendre davantage d'horreur à l'esprit que ce qui nous est montré, et quand la "libération" intervient, perso j'ai éprouvé du soulagement, enfin elle va rendre sa souffrance.

 

Superbe film, LE film de vengeance sans pathos, sans misérabilisme, sans vengeance tarabiscoté à la old Boy

(je vais te faire couché avec ta fille sans que tu le saches)

, tout est frontal et cela fait très mal. Un film uppercut qui assomme

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